Make our "climat" great again... Macron versus Jadot : sur le ring des municipales, et bien au-delà !

Centrale de Fessenheim
Centrale de Fessenheim © AFP / SEBASTIEN BOZON

L'écologie, nouveau champ de bataille pour Emmanuel Macron... Avec l’extinction ô combien symbolique de Fessenheim, la doyenne de nos centrales nucléaires. L'acte de décès du réacteur numéro 1 est prévu à 2h30 précisément, dans la nuit de vendredi à samedi. Le numéro 2 subira le même sort le 30 juin. 

Soit près de dix ans ( !) pour passer des paroles aux actes, entre la promesse du candidat Hollande (novembre 2011) et son exécution… Une lenteur à l’image de l’inertie du politique face à la filière nucléaire tellement ancré dans les habitus de la 5ème République. Entre la décision d’arrêter, l’arrêt effectif et le démantèlement complet, tout ça nous emmène au moins jusqu’en 2040 ! Et je ne vous parle pas du recyclage et stockage des déchets.

Mais pour Emmanuel Macron, c’est une nouvelle case cochée sur son tableau de chasse écologique. Nicolas Hulot avait claqué la porte parce que sa conversion était trop lente, depuis le Président cherche à donner des gages, oui il se convertit, du rejet d’Europacity au refus de la Montagne d’Or, en passant par l’arrêt des centrales à charbon. C’est le nouveau « protéger » dont on parlait mardi à ce micro, mis en scène la semaine dernière sur les pentes de plus en plus asséchées de la Mer de Glace. Et les ministres embrayent : la station de ski pyrénéenne de Luchon fait venir la neige, qu’elle n’a pas, par hélicoptère ? Aussitôt Elisabeth Borne s’insurge - « on ne peut pas jouer contre la nature » - et convoque les professionnels de la montagne à son ministère cet après-midi. 

Une hyper réactivité qui s’explique aussi, Yael, par une hyper sensibilité électorale…

Où sont passés les soutiens de 2017 qui ont voté Jadot aux européennes ? Comment les faire revenir ? Telles sont les questions existentielles qui agitent la REM. Un désamour qui, à voir l’état des sondages dans les grandes villes, menace le parti majoritaire d’une Bérézina. Avec des écolos qui misent sur la nouvelle génération : appel pressant de Yannick Jadot, ce matin dans les Echos, pour que les jeunes, les moins de 35 ans, aillent aux urnes. 

La macronnie est en alerte verte. Tout comme il s’agit de rester collé au socle de droite, demandeur d’ordre, il faut, en symétrie parfaite, garder le cordon avec les déçus de la gauche qui ont fait gagner Macron en 2017. De la mer de Glace à Mulhouse, nouvelle géographie toujours sur deux jambes du Président. Car quel sera le prochain clivage ? Le match « nationalistes » contre « progressistes », n'est-il pas déjà usé, face au nouvel impératif écologique ? Même le socialiste Olivier Faure s’inscrit dans ce nouveau paradigme, quitte à se fondre dans un ensemble qui le dépasse. 

Parallélisme des points faibles : Yannick Jadot et ses amis sont forts sur leur coeur de métier, mais en retard sur le régalien... Emmanuel Macron, lui, est aux affaires, il a l'expérience des réformes et du pouvoir, mais beaucoup moins de l'écologie. Rattrapage express : la convention citoyenne sur le climat devrait déboucher sur un référendum. 

Mais comme dans l’édito d’hier, on retrouve le dilemme de l’original et de la copie. "Macron, Canada dry de l’écologie", c’est la nouvelle riposte chez EELV. « Veut-il vous protéger, vous, ou sa réélection ? » Le ton monte, et ça va continuer. 

Sur Fessenheim, le temps d’un week-end, Macron leur coupe l’herbe sous le pied, mais à long terme, comment justifier les nouveaux réacteurs, EDF en veut 6… Vraie ou fausse sortie du nucléaire ? Sujet électrique pour 2022. Avec deux acteurs, Jadot et Macron, qui ont tous les deux intérêt à faire monter la tension.  

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