**Dans votre édito ce matin : la réforme des retraites !La façon dont sera abordée par la majorité et l’opposition cette réforme donnera l’occasion, non seulement de -peut-être- réformer les retraites- mais aussi de moderniser la politique française. Et en réalité on ne réformera pas les retraites sans moderniser notre façon de faire de la politique. Alors il ne s’agit pas là, de faire un appel gentillet pour que socialistes et UMP se donnent la main et pour que dans un élan altruiste et désintéressé, ils sauvent notre beau régime de retraite basé sur une gentille solidarité en s’embrassant dans les travées de l’assemblée! Il s’agit simplement de passer d’une société politique de l’affrontement obligatoire à une société politique qui peut parfois envisager le contrat. Les allemands font ça quand il le faut et ça marche. Il y a certains domaines importants pour lesquels la droite et la gauche n’ont pas tout à fait la même vision mais pour lesquels il faut vraiment qu’ils arrivent à s’entendre. Ça aurait dû, par exemple, être le cas pour la réforme des institutions. L’Elysée, en s’arc-boutant sur le mode de scrutin du sénat et sur cette lubie dérisoire de discours du trône devant le congrès a crispé les socialistes. Les socialistes, en refusant d’admettre les réelles avancées en matière de droit du parlement ont agit à l’ancienne, avec cette logique de l’affrontement par lequel on croit renforcer son camp. Dans cette affaire, la loi votée à un cheveu a, du coup été moins ambitieuse qu’il ne l’aurait fallu. Il est vrai que l’opinion n’avait pas d’attentes particulières sur ce sujet. Pour les retraites, l’enjeu est encore plus important. Et ça s’annonce comment ?Hé bien…pour l’instant ça s’annonce pas mal ! On peut être optimiste…on aura bien le temps d’être déçus si ça ne marche pas. Mais du coté de l’Elysée on affirme vouloir chercher un accord. Nicolas Sarkozy, dans cette seconde partie du quinquennat peut se dire qu’il faut changer de méthode pour que quelques réformes d’envergure aboutissent enfin ! Plus personne à droite ne propose que nous changions, même partiellement la nature de notre système de retraite pour aller par exemple vers plus de capitalisation. C’est une évolution intéressante que la gauche serait bien avisée de mettre au crédit de la majorité. De son coté, il faut que le PS bouge aussi. Et ça frémit, pour reprendre un terme de Martine Aubry. La première secrétaire a cassé le dogme de la retraite à 60 ans pour tous, dimanche soir chez nos confrères de RTL. Il faudra bien parler de la pénibilité et différencier les cas, il faudra bien évoquer les mises en retraites d’office par des entreprises qui cherchent toujours à rajeunir leur personnel. Hier, à notre micro, on sentait encore Arnaud Montebourg tiraillé entre la volonté de s’y mettre, de participer au débat pour réformer les retraites et une défiance envers Nicolas Sarkozy instruit par ce qui s’était passé lors de la discussion sur la réforme des institutions. Hier on entendait un début de cacophonie au PS avec Benoit Hamon qui disait que la retraite à 60 ans devait continuer à rester la règle. Martine Aubry doit visser les boulons chez elle et demander à l’Elysée que soient clairement établies les règles de la concertation. Nicolas Sarkozy serait bien avisé, dans cette logique d’accepter que ce se soit Martine Aubry qui désigne le socialiste qui sera membre de la commission chargée de travailler à cette réforme, afin de désamorcer toute tentative de présenter cette commission bipartite comme une forme d’ouverture (ce qui fut le cas lorsque Michel Rocard avait participé à la commission grand emprunt)…bref les retraites ne seront réformées que si chacun abandonne un peu, et même beaucoup sa logique habituelle d’instrumentalisation des débats et si chacun pouvait faire sienne cette maxime du cardinal de Retz qui n’était pourtant pas un béni-oui-oui, plutôt un vrai cynique. Il disait : « on est plus souvent dupé par la défiance que par la confiance »…moderniser la politique via le cardinal de Retz, je sais c’est osé mais, au point où on en est…ça se tente non ?**

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