Les grands élus locaux montent au créneau contre le gouvernement sur la question des vaccins.

Oui, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez pour leurs régions, Martine Aubry ou Anne Hidalgo pour leurs villes, tombent à bras raccourcis sur le président pour sa mauvaise gestion de la vaccination ; chacune de ces collectivités offre des salles de vaccination… en vain puisque, comme chacun sait, il n’y a pas assez de vaccins. La critique est assez gonflée, parce que s’il y a eu des ratés, sans doute des mensonges sur les masques, du retard à l’allumage sur les tests… s’il y a eu une certaine pusillanimité vis-à-vis de ces Français rétifs aux vaccins, prétexte d’un calendrier vaccinal très étalé, pour autant, la France ne s’en sort pas moins bien que ses voisins. Surtout, le non-respect du calendrier, enfin accéléré après la bronca de fin décembre, n’est pas le fait du gouvernement. La production ne suit pas… les livraisons trainent. Les grands élus, dont beaucoup sont candidats plus ou moins déclarés à la présidentielle, le savent et jouent grossièrement des difficultés du gouvernement. C’est de plus ou moins bonne guerre, mais là, ça se voit!  

Le président, de plus, a très peu de relais territoriaux. 

 Effectivement. Un nouveau paysage politique s’est créé, assez singulier, avec des partis que les Français semblent destiner aux collectivités locales (PS, LR et les écologistes) qui ont brillé aux municipales, et d’autres, plus à l’aise pour les élections nationales (le RN, LREM et dans une moindre mesure LFI). L’explication pourrait résider dans ‘l’impuissantement’ (pour utiliser ce mot à la mode en politique)… des présidents. Depuis Jacques Chirac, président et premier ministre PS ou LR successifs n’arrivaient plus à changer le cours des choses. Cette crise de l’efficacité était au cœur des 3 dernières présidentielles : Sarkozy avait gagné en dénonçant son prédécesseur, Chirac, ‘roi fainéant’ (disait-il), Hollande contre un Sarkozy réputé agité et vain, et Macron pour succéder à la supposée mollesse hollandaise. Cette crise de l’efficacité ne frappe pas les élus locaux. Les villes, les départements, les régions (aux attributions concrètes et de proximité) changent, évoluent. En bien ou en mal, mais le problème des élus territoriaux n’est pas l’impuissance. Dès lors, LREM, construite principalement sur l’idée de pallier l’incurie de la droite et de la gauche classique, n’a aucune utilité à la tête d’un exécutif local. C‘est du moins ce qu’ont voulu montrer les électeurs lors des municipales et ce qu’ils montreront à coup sûr aussi aux élections régionales et départementales qui viennent. L’inefficacité, l’incapacité de l’exécutif à vraiment peser sur le destin du pays… voilà qui sera encore l’enjeu central de 2022. La crise sanitaire peut infirmer ou confirmer ce ressenti populaire. Ceci explique cela… Le procès du macronisme en incapacité, en amateurisme, s’ouvre. Les grands élus locaux candidats à la présidentielle veulent capitaliser sur leur image d’efficacité et souligner (preuve par le vaccin) qu’Emmanuel Macron est frappé d’impuissance publique.   

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