"Fillon 2" a vu le jour hier. Le nouveau gouvernement de François Fillon, remanié après les élections législatives est plutôt bien accueilli par la presse ce matin. Il faut dire qu'il ne manque ni de clinquant, ni d'habileté. Non ce n'est pas de la magie, avec tour de passe-passe, paillettes et lapin qui sort du chapeau - ça s'appelle de la politique. Et à ce petit jeu là qu'il pratique depuis plus de 30 ans, Nicolas Sarkozy n'est pas le plus mauvais. Car franchement que dire de ce gouvernement dans un premier temps, sinon qu'il frôle la perfection ? Il y a de tout dans ce casting : des images, des icônes, des symboles, de l'audace. Des femmes à des postes en vue, Bercy pour la première fois qui va compter au féminin avec Christine Lagarde. Un trio chic, 3 hommes de gauche pour mener la politique étrangère de la France, Kouchner/Jouyet/Bockel. Un ticket choc pour s'occuper de la ville et des quartiers, l'improbable tandem Christine Boutin/Fadela Amara. Des femmes donc, des noirs, enfin une noire Yama Rade "la seule femme noire sur la scène internationale avec Condi Rice" s'énorgueillit parait-il le président, des arabes, des centristes, des socialistes, des sarkozystes aussi, nombreux, des jeunes, le porte-parole Laurent Wauquiez a 32 ans, un âge pré pubère en politique, et même un sportif par anticipation. Franchement qui manque-t-il ? Si, plusieurs associations représentant les familles, les femmes, les personnes âgées et les handicapés ont regretté l'absence de ministre qui leur soit spécialement dédié - tiens c'est vrai ça, pourquoi pas une retraité de gauche dans un ministère ? C'est pour l'instant, la seule critique en vue. Et bien c'est cela qui s'appelle faire de la politique. Car avec ce casting 3 étoiles, Nicolas Sarkozy nous fait oublier tout le reste. Ses promesses d'abord, "un gouvernement resserré et à parité" disait-il pendant la campagne ; 33 membres dont 11 femmes, il ne respecte ni l'un ni l'autre. Il nous fait oublier la semi victoire de sa majorité dimanche dernier, les cafouillages de Jean-Louis Borloo et de François Fillon sur la TVA sociale, l'exfiltration d'urgence de ce même Borloo de Bercy avant qu'il ne fasse d'autre bévue. Il nous fait oublier la défaite calamiteuse d'Alain Juppé. Il tente surtout de nous faire accroire que les débauchages individuels, aussi rutilants soient-ils, marquent à eux seuls une politique d'ouverture. Ce qui ne saurait être le cas, et on attend de voir maintenant comment vont se sentir ces personnalités de gauche lorsqu'il va s'agir de mettre en oeuvre, et d'appliquer, une politique dont Nicolas Sarkozy n'a jamais caché qu'elle serait de droite, et bien de droite. En attendant, il marque à nouveau un point de "com". Une communication politique/bulldozer qui va tout écraser sur son passage dans les heures qui viennent. Ce midi, le président reçoit sa majorité à l'Elysée, eh oui, il est aussi chef de la majorité. Ce soir sur TF1, se substituant au premier ministre, il va expliquer aux Français qu'il a bien l'intention d'aller plus haut, plus vite, plus loin, plus fort. Il parait qu'il a peu apprécié la faiblesse des prestations des principaux membres de son gouvernement pendant la campagne législative, et bien voilà, Nicolas Sarkozy reprend tout en main. C'est sûr, quand c'est lui qui fait tout, il trouve ça mieux. Et si finalement tout cela était effectivement un tour d'illusionniste ? Au gouvernement, il n'y a qu'une seule personne qui compte. Et c'est le président.

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