Jean-Luc Mélenchon a donc été désigné par le Parti communiste pour l’élection présidentielle. Oui, le PCF se fera représenter par un non communistes. Le PC qui n’avait fait qu’un peu moins de 2% en 2007 avec Marie-Georges Buffet ne veut plus prendre le risque de se regarder encore une fois dans ce miroir cruel qu’est la présidentielle. Il n’a plus d’aura nationale ; c’est une grande carcasse qui bouge un peu, grâce à des implantations locales dû au travail de quelques élus d’exceptions comme, entre autres, Patrick Braouezec en Seine-Saint-Denis. Patrick Braouezec qui d’ailleurs a pris ses distances avec l’appareil du parti. Pierre Laurent est sans doute le premier secrétaire National du PCF qui peut se promener tranquillement dans la rue sans que personne ne le reconnaisse. Le PC revendique toujours plus de 130.000 militants et organise, chaque année la fêtes la plus populaire de France, la fête de l’Huma, mais la réalité politique est bien celle là : Les communistes français ont raté leur reconversion et la faute en revient, à l’origine à leur dernière star, George Marchais, qui avait une capacité à nier toutes sortes de réalités avec un aplomb désarmant. Robert Hue et Marie George Buffet, qui ont assisté à la chute du mur de Berlin, n’ont fait qu’osciller entre volonté de réforme et négation du déclin. C’est alors que Jean-Luc Mélenchon est entré dans la carcasse. Son petit parti (le parti de gauche) qui à son siège dans un modeste rez-de-chaussée avenue de la république à Pais va donc représenter le PC dont le siège vide ressemble au building d’une grande banque après une faillite. Est-ce à dire que Jean-Luc Mélenchon se charge de liquider ce qu’il reste du PC ? Le problème, effectivement c’est qu’on ne réanime pas un squelette. Et c’est vrai que Mélenchon à le CV d’un équarisseur de communiste : il fut trotskiste, puis mitterrandiste. C’est peu comme si Brigitte Bardot confiait sa fondation à Frederic Nihous... mais, bon le PC qui veut sauver ces quelques députés fait l’impasse sur la présidentielle et pense surtout aux législatives de Juin 2012. Il est de bon ton de relativiser la démarche de Jean-Luc Mélenchon. On entend beaucoup dire, « vous allez voir, Mélenchon finira par se vendre aux socialistes pour un marocain ministériel ». Rien n’est moins sur. Il peut finir par peser son poids. L’actualité, les crises grecques et espagnoles illustrent son discours. Parallèlement le PS est en train de s’apercevoir, avec les cotes d’avenir prometteuses successives de DSK puis de François Hollande que son salut est au centre gauche. Il pense maintenant que ses alliés naturels sont les écologistes. De l’autre coté, il faut une forte personnalité comme Mélenchon pour garder l’espace ainsi laissé vacant… et Mélenchon a du souffle. Mais il sait que l’un de ses gros concurrents sur le plan de la protestation anticapitaliste et sociale vient aussi d’une autre personnalité de caractère et de talent : Marine Le Pen. D’ailleurs il avait un discours limite cocardier hier sur TF1, réveillant l’âme frondeuse de la France, la flamme des sans culote, contre « les oligarques » se dresse ce qu’il appelle « la France la belle, la rebelle ». C’est beau comme la liberté guidant le peuple, de Delacroix. Le Front de gauche, au-delà de son nom, développe un parallélisme identitaire avec le FN, sans aucun rapport sur le fond, bien sur, mais avec bien des similitudes sur la forme et la tactique qui ont fait le sucées du parti d’extrême droite. Vu comme ça, il n’y a donc aucune raison que Mélenchon rentre si facilement dans le rang de l’union de la gauche en 2012.

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