L’UMP s’organise pour devenir Les Républicains.

Oui et l’on assiste à l’élaboration des structures du futur mouvement. Sur ce point Nicolas Sarkozy fait classique. C’est-à-dire qu’il prévoit une direction pléthorique pour que toutes les écuries présidentielles (qui ne sont pas sensées exister) soient quand même représentées. Mais ça c’est de la cuisine interne. Parallèlement, il faut tenter de comprendre comment vont s’élaborer les choix programmatiques des Républicains (le parti). N.Sarkozy avait promis la transparence, la remontée des idées d’une base (enfin représentée dans les instances dirigeantes), une base qui trancherait, par des votes, le plus de sujets possibles. Exemple concret : il avait été décidé que le thème «Islam et République» (pas le parti cette fois ci, mais le régime… ça va être compliqué ce nom) …que ce thème donc, ferait l’objet de la première convention programmatique du mouvement. N.Sarkozy avait missionné, sur ce sujet, Henri Guaino, son Jiminy Cricket républicain, et Gerald Darmanin, élu de Tourcoing, ville comptant de nombreux musulmans.

Les deux hommes ont travaillé, consulté pour rendre leurs conclusions en avril, avant même le congrès.

C’est ce qui était prévu ! Puis ça a été repoussé à mai et on apprend que leur travail ne sera examiné que par la direction du parti, en juin et à huis clos en plus ! Foin de convention…La doctrine du parti « Les Républicains » s’élabore donc à huis clos ! En termes de transparence et de démocratie, ça commence mal. Pourquoi ce cafouillage ? Hé bien parce que sur le sujet, Nicolas Sarkozy avait déjà émis des avis, lors de ses derniers meeting. Il s’était prononcé contre les repas différenciés à la cantine et pour l’interdiction du voile à l’université ainsi que pour les mamans qui accompagnent des sorties scolaires. Des propositions chocs, énoncées comme autant d’évidences républicaines et laïques, comme autant de signes que, non « la république ne reculerait plus ». Sauf que ces propos de tribune vont à l’encontre (Darmanin et Guaino ont du s’en apercevoir)… à l’encontre de l’action pragmatique de nombreux maires UMP. Ainsi, le célèbre anarcho-syndicaliste Estrosi et le hippie échevelé Juppé, mènent-ils une politique décadente et antirépublicaine en proposant du poisson ou du poulet le jour du porc dans les cantines de Nice et Bordeaux. En fait, quasiment tous les maires UMP font de même et n’ont aucune intention de changer. Le travail de Darmanin et Guaino avait toutes les chances de rapporter cette évidence. Il était, dès lors impossible de dévoiler le gouffre entre une position faite pour plaire à cent mille militants et une politique contraire, appliquée par des centaines d’élus locaux UMP. Les militants chauffés à blancs par des discours mobilisateurs et les élus locaux, qui se coltinent la réalité, n’ont pas forcément les mêmes vus sur les choses. Nicolas Sarkozy, qui veut sortir son parti de la tradition bonapartiste, expérimente la différence entre les contraintes de démocratie interne (qu’il dit vouloir promouvoir) et les facilités du populisme interne avec lesquels son courant politique fonctionne depuis si longtemps.

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