Vous revenez sur la tuerie de Toulouse et la réaction du monde politique.

Oui, dans ces circonstances, bien sûr c’est une forme d’union nationale qui prévaut. Et naturellement la campagne est suspendue. Ce fut le cas hier, les candidats, les uns après les autres ont annulé toutes leurs activités militantes. François Hollande et François Bayrou se sont rendus sur place après le président de la République. D’autres ont préféré s’en tenir à des déclarations de solidarité et de compassion. Et puis ça n’a pas tardé, ce n’est pas venu des candidats ni du monde politique, mais d’Internet et des réseaux sociaux : des accusations de récupération de la part du Président qui en aurait trop fait, ou bien des présidentiables qui n’auraient pas dû se rendre à Toulouse. Il suffit d’imaginer ce qu’auraient dit ces internautes, ou d’autres, si Nicolas Sarkozy n’avait pas réagit fortement. Même suspendue la campagne est là et le moindre geste est interprété. Le risque c’est la surinterprétation. Les candidats le savent bien. C’est à chacun de juger s’il est opportun de décréter une minute de silence dans les établissements scolaires, c’est à chacun de se faire un avis sur le contenu des déclarations, des initiatives symboliques et des déplacements des uns et des autres. La spécificité de cette actualité ne doit pas nous empêcher de nous poser des questions, bien sûr, mais y répondre à chaud n’est sans doute pas non plus une obligation. Tout est une question de dignité des personnages publics… et on ne juge pas (en tout cas moi, je ne juge pas au micro) de la qualité de la dignité d’un homme ou d’une femme politique alors qu’il agit devant tous. Ça n’a rien à voir avec l’analyse politique. Chacun d’entre nous le ressent comme il l’entend. La campagne présidentielle, le débat politique, la confrontation des idées et des personnalités sont suspendue. D’une certaine façon, le commentaire politique de la campagne peut l’être aussi ce matin.

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