Toutes les conditions politiques auraient dû être réunies pour une vague bleue. Elle n’est d’ailleurs n’est pas à exclure puisque l’essentiel des résultats des deux prochains dimanches réside dans le niveau de participation des électeurs de gauche, passablement déçus par la majorité. Mais aujourd’hui, prudent, Jean-François Copé se contente de dire que son objectif est que son mouvement détienne, au soir du 30 mars, plus de villes de plus de 10.000 habitants que les socialistes. L’objectif affiché est donc de gagner une quarantaine de villes moyennes de plus que le PS. C’est un pari petit bras si l’on se réfère à 2008, alors que Nicolas Sarkozy était beaucoup moins impopulaire que François Hollande. Le PS avait eu un solde positif de ville de plus de 10.000 habitants de 92. Il faut dire que si l’électeur de gauche ne manque pas de motifs pour s’abstenir, l’électeur UMP… peut nourrir quelques réserves aussi. On ne parle pas des affaires sarkoziennes… il serait hasardeux d’en prévoir les effets. Après tout Patrick Balkany n’a aucun mal à se faire réélire à Levallois. Le trouble vient plutôt de la ligne politique de l’UMP, qui n’est pas du tout lisible, brouillée par les questions de leadership mal réglées et par une droitisation de plus en plus contestée par les élus ou candidats locaux.D’ailleurs beaucoup de candidats UMP préfèrent mettre le logo du parti en tout petit sur leurs affiches ! Oui, et hier soir au meeting final de la candidate UMP à Paris Jean-François Copé n’était pas invité ! Une prise de distance avec le parti, que l’on retrouve aussi chez les candidats PS, pour des raisons bien compréhensibles. Mais c’est plus étonnant pour un parti d’opposition dont on pourrait croire qu’il a tout intérêt à nationaliser les enjeux ! Dans l’ouest, modéré et Girondin, les candidats UMP ne goutent pas particulièrement la brutalité de Jean-François Copé et le feuilleton du retour de Nicolas Sarkozy. "Ce qui galvanise les militants agace les électeurs" estime un candidat d’une ville de Charente. Les candidats UMP de cette partie de la France, terre de reconquête s’il en est, préfèrent se référer au modéré Juppé, à un Raffarin patelin, plutôt qu’à la droite décomplexée et "buissonisée" qui occupe actuellement la direction du mouvement. La question de la ligne politique de l’UMP vire au casse tête pour ses dirigeants. Parce que face à ceux qui réclament un recentrage Jean-François Copé peut opposer le risque FN. Et c’est vrai que le parti de Marine le Pen va pouvoir se maintenir au second tour dans de nombreux cas, privant la droite de bien des conquêtes. C’est le risque, par exemple à Strasbourg ! L’UMP compte quand même reconquérir des villes moyennes comme Caen, Angers, Angoulême. Remporter Toulouse, garder Marseille… et surtout arracher Paris, à la faveur d’une abstention massive de la gauche tout à fait envisageable. Voilà qui signerait une victoire éclatante de l’UMP, même en dehors de toute vague bleue. C’est aux vues des résultats des municipales de 1977, notamment dans les villes moyennes, que François Mitterrand avait compris que la dynamique culturelle du pays était annonciatrice d’une possible victoire de la gauche à la présidentielle de 1981. En 2001 et 2008, la nouvelle sociologie urbaine avait assuré le succès des socialistes dans les métropoles. Dimanche soir on observera particulièrement les scores de l’UMP dans les grandes villes, devenues terres de mission pour la droite.

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