L’éducation, c’est LE thème que tout candidat à la présidentielle se doit de considérer comme prioritaire !

Oui vous aurez remarqué que les candidats, quel qu’ils soient, ont toutes sortes de priorités… à croire qu’il n’y a que des priorités : l’emploi, le logement, la santé, la sécurité, l’environnement, le pouvoir d’achat… tout –dans une campagne- n’est que priorité, mais lorsqu’on aborde l’éducation… alors là, les termes consacrés sont toujours les mêmes: «l’éducation c’est LA priorité des priorités, parce que tout part de là». Et c’est vrai, tout part de là ! Et tout y arrive aussi. C’est le thème présidentiel par excellence parce qu’il est transversal. Sans une éducation performante, pas de lutte contre le chômage (et ici dans, un lycée pro, vous entendez ça en permanence)…Mais l’Education Nationale, c’est aussi la question du logement et de l’urbanisme avec la carte scolaire, de la désertification en milieu rural avec le maintien ou non des écoles dans les villages. L’école, c’est la fabrique des citoyens, et c’est donc aux profs, aux proviseurs, que l’on demande non seulement de former de futurs agents économiques, employables et épanouis, mais aussi de régler, à la source, les questions de violence, d’enseigner le civisme, la vie en société, de sensibiliser les élèves aux questions d’environnement, de santé, de repérer les carences familiales, de corriger les inégalités sociales, territoriales! Le corps enseignant, qui a perdu de son prestige (la société ne le vénère plus comme à l’époque où il était le principal détenteur et vecteur de savoir…) devient une corporation vue comme privilégiée, parce que protégée statutairement. Il est aussi perçu –c’est paradoxal- en état de souffrance, écrasé sous le poids des problèmes de la société dont il est le réceptacle. Malgré ce changement de statut dans l’imaginaire collectif, on lui assigne toujours autant de missions de plus en plus impossibles. Pour les politiques, les enseignants doivent toujours être, comme on le disait à la fin du XIXe, les hussards d’une République qui se cherche.

Les programmes des candidats en matière d’éducation disent beaucoup sur le type de société qu’ils proposent.

Oui, c’est très instructif de lire les propositions en la matière, non pas pour savoir ce qu’ils feront, mais plutôt pour comprendre quelle est leur France de demain. Quand Marine Le Pen veut faire payer l’école publique aux enfants d’étrangers, c’est un message qu’elle envoie plus qu’un projet réalisable (ce serait inconstitutionnel). Quand François Fillon veut remettre de l’autorité à l’ancienne, avec le retour de l’uniforme, en finir avec ce qu’il appelle le « pédagogisme issu de 68 » quand il évoque, s’agissant de l’apprentissage de l’histoire, la nécessité d’un Roman National, il s’adresse à son cœur électorat âgé et nostalgique plus qu’il ne dessine un projet éducatif… Quand Emmanuel Macron propose l’autonomie des établissements (proposition classiquement de droite) et la multiplication des possibilités d’expérimentation pédagogique basées sur l’épanouissement plus que sur la discipline (propositions classiquement de gauche), il fait du Macron droite/gauche assez explicite… L’éducation est un thème étendard pour les candidats. Un affichage chargé de symboles très parlant… un thème fournisseur de slogan, au détriment, peut-être, de propositions simples, plus concrètes…mais il est vrai, moins rentable électoralement.

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