Le slogan de janvier « pas d’amalgame » entre djihadistes et Islam n’a pas ressurgi depuis vendredi.

Oui, après Charlie et l’Hyper cacher, la crainte d’un amalgame généralisé entre islam et terrorisme était l’un des moteurs de la mobilisation du 11 janvier. Cette fois-ci, rien de tel. Peut-être parce que, justement, il y a eu peu d’amalgames ces derniers mois. Des incidents existent bien sûr, des regards, des insultes parfois, mais rien de massif, comme on aurait pu le craindre. L’extrême-droite continue de progresser et le risque de l’amalgame est toujours là. Mais là, tout se passe comme si l’ampleur et le caractère aléatoire des attentats de vendredi avaient changé la hiérarchie des dangers pour la société. Avant l’amalgame viendrait désormais le risque islamiste radical. Et il est demandé de tous côtés aux musulmans de renier explicitement ceux qui tuent au nom de leur religion. Une vaste offensive théologique semble enfin lancée par les imams français contre les fous de Dieu : contre cet imam de Brest, celui de Villepinte et bien d’autres prêcheurs ultras, influents aussi via Internet. Mais, il n’y a pas que les musulmans, ni les pouvoirs publics qui doivent mener ce combat politique, idéologique contre le fondamentalisme. Plus aucun militant des valeurs universelles des droits de l’homme ne devrait hésiter.

Mais on a l’impression d’entendre ça depuis des années !

Oui, c’est vrai, l’appel aux valeurs universelles et des droits de l’homme, maintenant ça sonne creux ! A cause des nouveaux intellectuels réacs qui s’emploient à ringardiser ces notions mais aussi du fait d’une partie, minoritaire mais très audible, de la gauche, le plus souvent de l’extrême gauche intellectuelle ou de terrain. Celle-ci, expliquant tout par le contexte social ou l’histoire coloniale, s’accommode d’une forme de bigoterie, de pratiques sexistes, qu’elle exècrerait si elle n’était pas l’étendard d’une partie de la population discriminée. La gauche de la gauche intellectuelle, politique et syndicale, devrait maintenant retrouver ses traditions antifascistes et anticléricales. JL.Mélenchon, avec le FG, essaie depuis longtemps d’entrainer son camp dans ce combat pour la rationalité… Mais sur ce sujet, il n’est pas vraiment écouté. L’extrême-gauche, de son côté, est présente en banlieue mais inexistante dans les cités. Elle s’est faite dépouillée le marché de l’utopie par l’islamisme. Elle est parfois aveuglée par des positions pro-palestiniennes qui, visiblement, l’empêchent d’appréhender les dérives islamistes. Une pression de plus en plus lourde s’exerce sur une population qui ne se considère pas spécialement comme musulmane, mais qui, du fait de ses origines, est soumise à l’injonction des islamistes radicaux. C’est cette population (ce peuple) que l’extrême-gauche n’arrive plus (ou ne veut plus) armer politiquement contre l’obscurantisme. Ce devrait être pourtant un combat exaltant pour l’extrême-gauche libertaire ou internationaliste : prendre de front les réactionnaires musulmans, sexistes, pudibonds. L’extrême-gauche, c’est son honneur, a toujours défendu les immigrés. Si elle ne redevient pas le défenseur de ceux qui subissent la pression de la mafia islamiste radicale, ce sera l’extrême droite qui s’en chargera. Et avec d’autres buts pour la société.

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