Dominique Strauss-Kahn a-t-il usé de son pouvoir pour favoriser une employée du Fonds Monétaire International avec laquelle il aurait eu une aventure ? Le directeur du FMI fait en tout cas l’objet d’une enquête interne. A priori, l’enquête interne est une procédure que Dominique Strauss-Kahn voit d’un bon œil à partir du moment où il savait que des rumeurs couraient les couloirs du FMI. Paris était au courant depuis plusieurs mois et Dominique Strauss Kahn –qui se trouve dans un pays où le mensonge en matière conjugale est jugé plus sévèrement que l’infidélité- a choisi d’assumer le fait d’avoir eu une aventure d’un soir avec une employée. L’entourage de DSK est serein parce que la femme en question a quitté l’organisation il y a plusieurs mois en même temps que d’autres employés et dans le cadre d’un plan de départ collectif. C’est une affaire « sans plainte, sans victimes, sans préjudice » se disent les amis de Dominique Strauss-Kahn. Elle devrait –en théorie- très vite s’éteindre. En théorie seulement et en toute logique mais ces histoires peuvent ressurgir et changer d’ampleur selon des critères qui n’ont rien à voir avec la logique. Il se trouve que si cette affaire est sortie dans le « Wall Street Journal », elle ne touche pas le grand public américain qui ne connaît pas Dominique Strauss-Kahn. Mais c’est dans les semaines qui viennent que l’affaire pourrait être utilisée et c’est ce qui tracasse les Français. Il se trouve que nous allons entrer dans une période de lutte d’influence entre, d’un côté, l’Europe, incarnée jusqu’en janvier par le Président français, et de l’autre, l’administration américaine. L’Europe et les Etats-Unis, dans le cadre de divers rencontres se verront dès novembre pour apporter des réponses à la crise financière. Dominique Strauss-Kahn et le FMI seront au cœur de ces débats. Paris veut profiter de l’opportunité des turbulences de l’économie mondiale pour tenter d’imposer plus de régulation. On a lu entre les lignes des propos de George Bush, samedi à Camp David, qu’il ne reprend pas du tout à son compte le discours très réformateur du Président français. Il ne faut pas se bercer d’illusion. Si Barak Obama l’emporte, d’abord, il ne prendra ses fonctions qu’en janvier et surtout, il risque de défendre une ligne quasiment identique, c'est-à-dire la moins régulatrice possible. Le Président des Etats-Unis défendra la ligne traditionnelle des Etats-Unis. Les discutions et les luttes d’influences, les recherches de soutiens parmi les autres puissances, vont aller bon train et là, c’est à ce moment que peuvent ressortir les affaires de ce type. Le « New York Post », tabloïd crapoteux mais influent, pourrait bien faire sa Une dans quelques semaines sur le parton du FMI « adultère et menteur ». Le « New York Post » et son alter-égo, la Chaine de télé Fox-news, sont les propriétés du groupe Murdock qui ne fait pas mystère de sa haine viscérale pour toutes les organisations internationales et pour tout ce qui prétend réguler un tant soi peu l’économie. Naturellement, les journaux du groupe Murdock à travers le monde font volontiers de la francophobie de poubelle (on l’a bien vu en 2003 au plus fort de la dissension franco/américaine sur la guerre en Irak). On n’en est pas là. Pour l’instant, DSK n’est pas une bonne proie pour les ogres Tabloïd. Mais c’est désormais une menace. En France, ça ne peut probablement pas lui porter préjudice. DSK jouit d’une incroyable et nouvelle popularité selon les derniers sondages. L’état d’esprit français étant ce qu’il est, cette aventure peut même participer à l’édification de la légende, toujours utile à ceux qui veulent avoir un destin en France, à moins... à moins que l’enquête en cours ou l’éventuelle pression médiatique telle que l’on vient de l’évoquer, ne pousse Dominique Strauss-Kahn à la démission et donc à un affaiblissement de la position de la France, difficilement pardonnable !

L'équipe

Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.