Un bébé à l’Elysée… Qu’est-ce que ça change ?

Rien. Du moins c’est ce que l’on ose espérer pour la santé mentale de la politique en France. L’image de la famille heureuse à l’Elysée, l’émotion suscitée par l’émergence de ce qu’il est convenu d’appeler un « heureux événement » n’a et n’aura certainement aucune incidence sur la popularité ou l’impopularité du Président de la république. Le temps de Valéry Giscard d’Estaing posant avec ses filles aux noms de fleurs, le temps de Louis Sarkozy qui lançait « bonne chance mon papa » (c’était en 2004 à la prise de l’UMP par Sarkozy), eh bien ces temps là sont révolus. On en a soupé de la peopolisation des politiques et les politiques le savent bien. Leurs communicants si prompts à découvrir la lune au moment où elle se couche commencent enfin à s’en apercevoir. Ils perçoivent…et la presse coresponsable aussi, le ras-le-bol de l’impudeur de l’étalage familial. Il faut dire que nous avons été servis ces dernières années. Souvenez-vous, la rupture entre François Hollande et Ségolène Royal avec les confessions de l’ancienne candidate au micro de France Inter. Ségolène Royal avouait aux auditeurs gênés qu’elle avait demandé à François Hollande de quitter le domicile conjugal. Nous n’avions rien à faire, nous, dans ce domicile conjugal. Nous avons eu aussi les psychodrames de la vie sentimentale du Président de la république. Au début, soyons juste, il n’y était pour rien. Son couple se séparait, soit. Mais la mise en images de sa relation avec Carla Bruni, le fameux « avec Carla, c’est du sérieux » lors de la conférence de presse de janvier 2008, ont achevé de rendre parfaitement indigeste ce que certains, à l’Elysée voulaient rendre glamour. Il faut se remémorer les confessions de Jacques Séguéla, répétées sur toutes les antennes à propos du coup de foudre de Carla et Nicolas lors d’un dîner qu’il avait organisé. Le ridicule le disputait au vulgaire. Mais le temps n’est décidément plus à la peopolisation et c’est tant mieux. Carla Bruni a dit à Thierry Demaizières sur TF1 qu’il n’y aurait jamais de photos du bébé publiées dans la presse… Puisse ce vœux se réaliser… Les rondeurs de la première dame auront juste un peu été l’occasion de souligner la nouvelle sérénité d’un président jugée trop survolté d’ordinaire.

C’est en fait de la com’ minimum…

Oui, on est sur la bonne pente. La grossesse de madame Sarkozy n’a même pas été annoncée officiellement, elle a simplement été constatée par tous. C’est très bien ainsi. C’est une attitude à rebours de ce que l’on pouvait redouter. Alors on peut considérer que cette abstinence médiatique est le stade ultime de la sophistication en matière de communication efficace… L’absence de com’ reste de la com’ mais alors on en sort plus ! Toujours est-il que cette attitude nous éloigne de la dérive de la peopolisation de ces dernières années. Nicolas Sarkozy, en pleine opération de« représidentialisation » a bien compris qu’une exposition trop ostensible de son bonheur privé, au moment où la crise fait rage, aurait quelque chose d’indécent. Cette retenue assez exemplaire résistera-t-elle à la tentation de s’afficher, dans quelques mois, au plus fort de la campagne, quand le Président constatera qu’il lui faut absolument renouer un lien personnel avec les Français ? Il y aura certainement de brillants communicants cher payés pour l’affirmer et organiser des photos volées. En attendant, la détermination du couple présidentiel à jamais exposer son bébé, a l’air réel. On sera assez vite fixé.

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