Dans la vie politique, c’est comme dans la vie tout court, c’est souvent la faute aux ex !

Aux ex-présidents de la République en l’occurrence… Et à chaque fois le dernier ex est présenté comme un anti-modèle… Sarkozy l’anti-Chirac, Hollande l’anti-Sarkozy et Emmanuel Macron l’anti-Hollande… Dimanche dernier à la télé, il explique par exemple qu’il ne veut pas d’une « présidence bavarde », il critique son « prédécesseur » (sans même jamais le nommer) piégé tout seul avec l’inversion de la courbe du chômage… Quant à Christophe Castaner, il a fustige« l’amateurisme juridique » de la période 2012 – 2017 après que le Conseil Constitutionnel a invalidé la taxe de 3% sur les dividendes ce qui oblige l’Etat à rembourser 10 milliards d’euros aux entreprises… Le comble a répondu Bernard Cazeneuve dans la foulée  « l’amnésie est un moteur en politique » avant de rappeler que l’actuel Président et son secrétaire général occupaient des postes très hauts placés sous François Hollande… Souvenons-nous aussi de Nicolas Sarkozy ancien ministre de Jacques Chirac devenu icône de la rupture avec Jacques Chirac… Taper sur son prédécesseur, c’est souvent se taper soi-même… 

Mais alors pourquoi les Présidents critiquent-ils autant leur prédécesseur ?

Parce que dans notre Monarchie républicaine, le candidat et a fortiori le Président doivent incarner le pouvoir et « faire » Président… Et comme la fonction ne s’apprend pas, le Président sortant est toujours la dernière référence en la matière… Et donc, quand un nouveal occupant arrive à l’Elysée la logique politique voire psychologique l’amène à rompre avec son prédécesseur… En plus, dans les premiers mois c’est commode, ça permet de tout justifier y compris les décisions douloureuses qui n'auraient pas été prises avant… 

Mais dans cette Monarchie républicaine il y a aussi un besoin de continuité… Une nécessité même... 

Par essence, la République dépasse et surpasse ses Présidents, passer au crible le bilan d'un Président est nécessaire mais pas à coup de petites phrases... Critiquer son prédécesseur de façon mesquine ou narquoise, c’est écorner les institutions et c'est légitimer par avance les critiques de son successeur qui ne seront pas toujours de bonne foi ni élégantes… 

Mais parfois les « ex » ont du bon… Relisons Richard Ferrand hier dans le Parisien… Selon ce très proche du Président, Emmanuel Macron « a une vision comme De Gaulle, des lettres comme Pompidou, il est inspecteur des Finances comme Giscard, homme d’Histoire comme Mitterrand, empathique comme Chirac, hyper énergique comme Sarkozy et a de l’humour comme Hollande »… La synthèse parfaite de ses prédécesseurs… Ouf ! 

Un instant Emmanuel Macron aurait pu être illuminé comme De Gaulle… Jamais élu local comme Pompidou… Prétentieux comme Giscard… Cynique comme Mitterrand… Sans scrupules comme Chirac… Cassant comme Sarkozy… Fossoyeur de son ancien parti comme Hollande, une autre synthèse… Moins parfaite mais vraisemblable, attention alors aux moqueries du successeur !

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