Ce matin, la crise au FN entre Marine LePen et Florian Philippot...

Oui, la déflagration de mai 2017 atteint même l’extrême-droite. La 2nde position de M.Le Pen au 1er tour de la présidentielle a été une très mauvaise surprise pour les militants qui, pendant des mois, la voyaient largement en tête. Le FN, l’un des trois pans du tripartisme qui semblait devoir structurer la vie politique pour longtemps, faisait figure d’indéboulonnable 1er parti de France. Tout semblait concourir à son succès. Il surélevait sans cesse son fameux plafond de verre. L’actualité semblait toujours le servir : le terrorisme, la crise migratoire attisaient l’angoisse identitaire, l’impuissance publique était son carburant. L’abaissement général du niveau des débats, le naufrage de la complexité dans l’océan des réseaux sociaux, du clash permanent et l’ère des fake-news créaient l’environnement idéal pour les précurseurs de l’antisystème. Le CBPFN de rigueur, C’est bon pour le Front National, pouvait conclure toutes nos analyses politiques ou économiques ! Ce parti n’était certes pas un monolithe, mais il apparaissait à tous que Marine Le Pen était incontestable, incontestée et que sa stratégie de dédiabolisation servait toutes les tendances du FN. Aujourd’hui, une dissension de ligne politique subsiste, entre le FN social-souverainiste du Nord (pour schématiser) et le FN identitaire et conservatreur du Sud. Mais la figure tutélaire de la cheffe et le nom Le Pen suffisait à aplanir les divergences, dans la grande tradition autoritaire de l’extrême-droite.

Mais ça c’était avant le naufrage du débat de l’entre-deux tours.

Oui, on ne répètera jamais assez combien ce débat fut révélateur des limites personnelles de Marine Le Pen. Faiblesses longtemps dissimulées par son imposant nom de famille et une gouaille protestataire qui suffisait bien quand il s’agissait seulement de capter la colère d’une partie de la population. C’est bien d’une question de personne, de niveau, de capacité, de force de travail limitée et non pas de stratégie ou de ligne. Entre Florian Philippot et Marine le Pen, il n’y pas de dissension politique. Dans ce débat nord/Sud, social/identitaire, Euro/pas Euro, Le Pen et Philipot sont du même bord… seulement Marine Le Pen n’est tout simplement pas à la hauteur et maintenant tout le monde le sait ! Elle n’est plus capable d’imposer sa ligne aux sudistes, elle n’a plus l’autorité, la crédibilité. Les sudistes attendent le retour de Marion Maréchal-Le Pen pour amorcer le virage complet identitaire, conservateur dans la plus pure tradition de la droite de la droite d’antan, celle de la France des cathédrales, catholique post pétainisme. Mais ce n’est pas pour tout de suite. Et, en politique, les espaces ne restent pas longtemps en friche ! Alors déjà la droite Wauquiez plante quelques drapeaux sur le conservatisme sociétal et le discours identitaire du FN du sud, alors que Jean Luc Mélenchon lorgne sur les terres sociales et de colère populaire du nord. On le mesure maintenant, les électeurs qui ont voté Macron à la présidentielle au 1er tour pour éviter que Marine Le Pen soit en tête et Macron encore au 2nd pour réduire au maximum le score final de l’extrême-droite, auront au moins réussi ça : porter un coup ravageur et peut-être décisif au FN.

Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.