Edouard Philippe sera notre invité à 8H20…

Et c’est l’occasion de nous pencher sur son cas…et de remarquer qui il est (lui que les Français n’ont pas choisi, qu’ils ne connaissaient d’ailleurs même pas, hormis les Havrais…) aujourd’hui plus populaire (tout est relatif) que le président ! Le 1er ministre, au front quotidien de la mise en œuvre d’un programme qu’il n’avait pas soutenu, résiste mieux qu’Emmanuel Macron. Ça fait en réalité longtemps que la fonction de 1er ministre, souvent qualifiée de bouclier ou de fusible du président, ne fonctionne plus comme tel : depuis Nicolas Sarkozy en fait. François Fillon,  son unique 1er ministre, a toujours été quelques points de popularité au-dessus du président. Et toujours largement en dessous de lui en terme d’impopularité ! Il en a été de même avec les 1ers ministres de François Hollande (sauf peut-être à la fin de la période Ayrault). Le président est maintenant beaucoup trop lié, dans l’esprit des Français, à la politique quotidienne. D’autant qu’en ces temps désidéologisés, la personnalisation à outrance renforce encore sa responsabilité immédiate ! C’en est bien fini du président arbitral, qui venait, après de longs silences, apaiser les tensions, au moment opportun. Depuis l’instauration du quinquennat et depuis que les chaines tout-info et les réseaux sociaux ont commencé à hystériser un débat politique sans répit ni temps mort, les présidents se retrouvent dans une essoreuse infernale. Pour tenter d’en sortir, ils passent tous par les mêmes stades : ils veulent d’abord appliquer le précepte de Jacques Pilhan qui théorisait pour François Mitterrand la rareté de la parole, afin que celle-ci soit plus puissante, plus olympienne. Retrouver la rareté pour retrouver l’autorité naturelle des présidents qui faisaient présidents de Gaulle à Mitterrand, voire Chirac… Imagine-t-on le Général de Gaulle tweetant ?  Les trois derniers chefs de l’Etat ont tenté la rareté. 

Mais ça ne marche pas

Non ! L’opinion ne se disait pas « Il est silencieux parce que sage, au-dessus des querelles du quotidien »… La rareté de la parole présidentielle, aujourd’hui, est vécue comme un abandon, une indécision, bref une faiblesse coupable. Donc le président devient bavard et on le lui reproche aussi ! Il s’use plus vite que le 1er ministre qui, lui, travaille, les mains dans le cambouis, essaie d’appliquer, tant bien que mal, des promesses du candidat devenu président. Bref,  on en veut désormais beaucoup moins au 1er ministre qu’au président. Quand ministres, patron de LREM et président embrouillent le débat sur la fiscalité des successions ou l’impôt à la source, Edouard Philippe est là pour que ça n’affecte pas trop l’action gouvernementale. Les ministres issus de la gauche ont démissionné, sont sur le départ ou peu audibles. Ceux de droite en revanche (Le Maire, Darmanin) tiennent les cordons de la bourse. Edouard Philippe, qui avait fait campagne sur un créneau de centre-droit, a perdu les élections avec Alain Juppé ! Pourtant il est aux manettes… sur ce créneau de centre-droit ! C’est peut-être démocratiquement scabreux… mais au moins l’homme est cohérent. Et il est, de fait, l’élément un peu extérieur mais stabilisateur d’une macronie qui se cherche toujours!

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