Ce matin un comparatif entre les Grünen (les verts allemands) et EELV…

Oui, à l’occasion de la désignation par les Grünen de Annalena Bearbock comme candidate pour le poste de Chancelière. Les législatives auront lieu à l’automne, il s’agira de remplacer Angela Merkel. Les Grünen, en forme, ne sont qu’à quelques points seulement de la CDU fatiguée. Les verts seront à coup sûr dans la coalition qui prendra le pouvoir, sans doute avec la droite mieux placée que les sociaux démocrate. Il est même possible qu’Annalena Bearbocks soit la prochaine chancelière … Une révolution… les écologistes à la tête de la première économie européenne ! Imaginez ! Un rêve pour Paris puisque les Grünen osent remettre en cause le sacro-saint dogme de l’équilibre budgétaire ! Les cigales françaises en danseraient de joie à l’idée de voir les fourmis germaniques enfin investir et dépenser leur magot…  

Alors, comparons les écologistes allemands et français. 

Comparaison peu flatteuse pour les Français. Osons une métaphore automobile (un peu déplacée et facile j’en conviens) s’agissant d’écologistes : les Grünen c’est la nouvelle Mercedes hybride rechargeable et EELV toujours la 4L avec l’autocollant Nucléaire Non Merci. En réalité la différence de maturité et d’efficacité politique doit beaucoup aux institutions. Les verts allemands sont au pouvoir dans plusieurs länder, en coalition avec la droite ou la gauche. Ils mettent en œuvre leurs idées, les négocient pieds à pied lors de la formation des exécutifs locaux. Ces institutions parlementaristes, la proportionnelle partout, forgent un état d’esprit de compromis. Alors qu’en France on est dans le suivisme inconditionnel ou l’opposition intégrale (donc l’affrontement permanant) en Allemagne on regarde ce que chacun pèse, on se met autour d’une table et on négocie. C’est beaucoup plus engageant. Les Grünen se sont placés au centre de l’échiquier, considérant que les anciens clivages issus du 20 siècle industriel sont obsolètes. En France, celui qui gagne la présidentielle, gagne les législatives, et même, avec 25% au premier tour, prend tout le pouvoir. Les autres sont, dès lors, d’irréductibles opposants. Ainsi quand Emmanuel Macron fait des pas vers l’écologie, les verts, au lieu de dire ‘c’est bien mais pas assez’, présentent la transition trop timide du président, comme une trahison, une reculade ! Ils donnent l’image d’idéologues peu soucieux de l’acceptabilité populaire de leurs préconisations. Quand Yannick Jadot tente de sortir, un tout petit peu, de cette posture, il est immédiatement taxé de déviant libéral par une partie des écologistes et de la gauche.  Les verts français, par nature, peu favorables au caractère binaire de la Vème république, semblent pourtant, en avoir intégré le principal travers : la culture du ‘tout ou rien’. Une victoire des Grünen à l’automne, ou au moins leur position certaine au cœur du pouvoir, peut avoir un formidable effet d’entrainement pour le candidat écologiste à la présidentielle française… Pour peu que le contraste entre l’écologie de compromis à l’allemande et l’écologie d’aspect doctrinaire en France ne soit pas trop flagrant. C’est dès maintenant que les verts français doivent y penser.  

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