L'UMP organise cet après-midi son troisième Forum dans le cadre de la campagne interne à la majorité. Nicolas Sarkozy est plus que jamais le seul candidat incontesté au sein de sa famille politique. Il est déjà sur le terrain alors qu'il n'a pas été officiellement désigné, Jean-François Achilli. « Aucun problème, non, non, tout va bien, Même mieux que bien ». Ça, c'est un Nicolas Sarkozy très « zen-attitude » qui s’exprime vendredi dernier au Stade Gerlan, à Lyon. Il vient de discuter avec Grégory Coupet, son joueur préféré à l'Olympique Lyonnais. Le ministre-candidat se promène les mains dans les poches, il parle d’une voix basse, tranquille, il essaie de se tempérer, de renvoyer une image moins hyperactive et plus positive. « Nous sommes dans le bon schéma, celui de l’immersion en province », se rassure un député proche, qui ajoute : « Nicolas a atteint un niveau de sérénité supérieure à ce qu’on lui connaissait, avec une forte capacité d’écoute ». Voilà pour le portrait du Sarkozy nouveau : il serait donc plus cool, malgré un agenda surchargé. Celui d’un ministre d’Etat, additionné à celui d’un candidat. Et cette interrogation demeure sans réponse : mais lequel des deux est donc sur le terrain, à la rencontre des Français ? Ainsi, lundi matin, un autobus loué par le ministère de l’intérieur pour transporter la presse, est parti de la place Beauvau, pour rejoindre Nicolas Sarkozy - ministre de l’aménagement du territoire - qui visitait un lycée agricole dans les Ardennes. Et en début d’après-midi, c’est un autre bus, estampillé UMP cette fois, qui a quitté le siège du parti, pour aller lui aussi à Charleville Mézières, mais au meeting de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP. Deux casquettes, deux organisations différentes pour une seule personnalité, qui a délivré toute la journée le même message, sur « la France qui souffre », sur « les travailleurs pauvres ». Rôdé par le ministre le matin sur le terrain et martelé avec force par le candidat le soir devant son public. Ce mélange des genres n’est pas une nouveauté. Lionel Jospin, souvenez-vous, est resté à Matignon jusqu’au bout. Nombreux sont les députés UMP, toutefois, qui veulent voir Nicolas Sarkozy quitter la place Beauvau au plus vite. Plusieurs de ses collaborateurs, parmi lesquels son directeur de cabinet Claude Guéant, le feront dès le 15 janvier pour aller s’installer au QG de campagne du candidat au 18, rue d’Enghien, dans le 10ème arrondissement de Paris. Nicolas Sarkozy n’a pas encore décidé quand il lâchera son ministère. En attendant, il poursuit cette campagne qui ne dit pas son nom. Avec de nouveaux arrivants dans les rangs. Le publicitaire François de la Brosse, embauché par Cécilia dont il est un ami, et qui provoque quelques problèmes de rivalité interne. Enfin, sur le plan politique, Jean-Pierre Raffarin a invité le ministre de l’Intérieur à déjeuner demain du côté des Invalides, pour lui apporter son soutien officiel. Un de plus après celui de Philippe Douste-Blazy dans le Figaro ce matin. Petit à petit, TOUS se rangent, les uns après les autres. « Tout va bien, même mieux que bien », veut se convaincre Nicolas Sarkozy, plus tout à fait ministre et pas encore pleinement candidat.

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