Devant les yeux écarquillés de surprise de Léa Salamé...

Guillaume Peltier, ancien Front National, ancien villiériste, considéré par Nicolas Sarkozy comme trop à droite (c’est dire) puis agent du renouvellement générationnel et idéologique voulu par Laurent Wauquiez, Guillaume Peltier, donc, vice-président de Les Républicains (quand même !), s’est livré à un exercice de triangulation du plus bel effet. La triangulation, rappelons le principe, c’est cet art, théorisé par Tony Blair, consistant en un contre-pied idéologique. Il s’agit de prendre (de façon soit sincère, soit purement tactique) une position inattendue, piquée à l’adversaire, qui déstabilise et l’adversaire et ses  propres partenaires. Un peu comme si Monsieur Gattaz appelait ce matin, pour encore plus épater Léa, au plafonnement des salaires des super patrons. Si ça réussit (comme dans le cas  d’Emmanuel Macron  quand il a créé En Marche alors qu’il était ministre), vous apparaissez comme le moderne de votre camp, le pragmatique, celui qui n’est pas figé dans son idéologie. Si ça rate (comme dans le cas de Florian Philippot, gauchiste au FN), alors vous êtes, au mieux un opportuniste, au pire un traitre. Guillaume Peltier a donc triangulé sur un sujet phare de la droite : l’immigration ! Et d’expliquer qu’en la matière, il faut s’attaquer à l’essentiel : la misère en Afrique ! Il prône ainsi un plan Marshall pour l’Afrique, financé par une taxe sur les transactions financières. Discours avec de vrais morceaux de Jean - Luc Mélenchon dedans ! Voilà Peltier, vice-président de LR, qui  prétend (contre Laurent Wauquiez) que la sécurité et l’identité ne sont pas les sujets principaux, et qui prône (contre l’autre vice-présidente, la libérale et modérée Virginie Camels) la fin de l’obsession budgétaire. LR,  c’est donc : Un président, 2 vice- présidents tous neufs et déjà, sur l’immigration, 3 positions opposées. Et surtout, 3 emprunts : Wauquiez, au FN, Calmels à LREM et Peltier à LFI !.

Que peut faire Laurent Wauquiez face à cette division?

Il peut dire « je suis le chef » et imposer, d’autorité, ses vues en bon bonapartiste. Mais les temps ont changé, LR ne peut plus être le RPR ! Même si les militants rêvent à nouveau de verticalité césariste, il y a eu, pour les cadres, l’expérience de la diversité et du débat, avec la courte période des courants à l’UMP, puis la primaire de 2016. Wauquiez peut, dès lors, pour préserver l’unité du parti, tenter… une synthèse ! Une synthèse entre ces 3 lignes, c’est toujours possible sur le papier… mais comme nous l’ont bien montré les socialistes, les synthèses c’est pratique dans l’opposition, quand les mots ne sont que des mots. Seulement, une fois au pouvoir, les synthèses deviennent des éléments de non choix qui nourrissent l’impuissance, donc la défiance. Les deux 1ères années du quinquennat de François Hollande ont été plombées par ce phénomène. Soulignons que des divergences sur l’immigration, il y en a aussi à LREM… Mais, dans leur situation, avec un chef respecté et au pouvoir, les points de vues devront se rapprocher, non pas par une synthèse mais par un compromis parce qu’au pouvoir, les mots sont aussi des actes. 

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