Ségolène Royal a proposé une liste d’Union à Yannick Jadot... qui a dit non !

L’idée de Ségolène Royal était d’être numéro deux, derrière le leader écologiste. Cette proposition en réalité apparaît (même si ce n’était sans doute pas l’objectif) comme la reconnaissance d’un fait politique indubitable : s’il doit y avoir union à gauche, ce n’est donc plus derrière les socialistes, trop affaiblis. Pas derrière Benoit Hamon, encore trop associé au cinglant échec de 2017, pas derrière Raphael Glucksmann, qui ne le propose pas explicitement, mais bien derrière ceux qui incarnent l’avenir de cet espace entre LFI et LREM : les écologistes. L’écologie est d’ailleurs la seule idée, en ce moment, partagée à gauche. Benoit Hamon, les socialistes, Ségolène Royal bien sûr, Place Publique de Raphael Glucksmann, en conviennent : l’écologie est le nouveau moteur de leur engagement. Dès lors, l’élection européenne est l’élection phare pour les verts... qui avaient su se mettre en retrait pour la présidentielle. Les Européennes leur conviennent mieux parce que les solutions écologiques dépassent les frontières. Le groupe vert à Strasbourg est d’ailleurs l’un des plus actifs et des plus identifiés. 

Mais EELV refuse net la proposition de Ségolène Royal...

Ils se méfient! Ségolène Royal voudra-t-elle siéger avec les écologistes au parlement européen ? Sans doute pas ! Sur le plan stratégique, ce n’est pas forcément une mauvaise idée que de refuser le partenariat avec une ancienne candidate socialiste défaite à la présidentielle. La théorie de l’original toujours préférable à la copie, théorie qui aboutit par exemple à droite à ce que Marine le Pen profite de la lepénisation du discours de Laurent Wauquiez, peut valoir aussi pour l’écologie : Quand Mélenchon, Hamon, Faure, Royal et même Macron répètent que l’écologie c’est l’avenir, et bien le message reçu c’est votez verts ! EELV a l’ambition de faire un bon score mais aussi d’envoyer le plus de députés estampillés écolos possible, à Strasbourg. On l’oublie souvent mais il y a un enjeu très important : la puissance du future groupe verts au parlement européen ! Seulement l’indécrotable culture minoritaire des écologistes français les poussent souvent à se rétracter. Ce ‘non’ de Jadot à Royal, sans même un petit ‘mais’, sans même quelques ‘conditions’  proposées, en atteste. Alors que les sociaux-démocrates européens sont en grave crise, en Belgique et en Allemagne, les écologistes arrivent à les remplacer très largement dans le cœur des électeurs. En France, les verts n’arrivent pas à apparaître ouverts... comme si la conscience  qu’ils ont d’être dans le sens de l’histoire les rendait arrogants. Par exemple, l’attitude très dure de Yannick Jadot envers Nicolas Hulot quand celui-ci était au gouvernement (Jadot a même dit que Hulot cajolait les lobbies) est apparue sectaire et a écorné l’image d’ouverture qu’avait pourtant cet ancien responsable compétent et respecté de Greenpeace. La grande question de ces prochains mois à gauche est la suivante : les écologistes sauront-ils se mettre à la hauteur de leur rôle historique de leaders de la gauche, rassembleurs et ouverts? Pour l’instant, ils n’en donnent pas l’impression... c’est peut-être ce que voulait démontrer Ségolène Royal... coup à moitié réussi ! Elle aura surtout placé officiellement les écologistes en leaders  évidents de la gauche non Insoumise. 

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.