Nouveau sondage ce matin, et nouvelle percée de François Bayrou. Le candidat centriste n'en finit pas de grimper, ce qui commence à agacer singulièrement ceux que l’on appelle "les gros candidats". Dans les ministères et les QG de campagne, on appelle ça le "buzz" de Bayrou. Le buzz, c'est une technique marketing qui consiste à faire du bruit autour d'un produit nouveau. C'est aussi, par extension, la résonnance de ce produit sur internet. Et bien voilà, François Bayrou fait du buzz ! Il a suffi d'un sondage qui, le testant au second tour alors qu'il n'est pas qualifié pour le premier, donnait le candidat centriste gagnant contre tous, pour qu'au PS comme à l'UMP, on commence à se gratter la tête. Ce matin, un nouveau sondage CSA confirme d'ailleurs la progression régulière de François Bayrou, avec 17 % d'intentions de vote au premier tour. A l'UMP, la percée initiale de François Bayrou a d'abord été percue comme une bonne nouvelle ; les experts chez Sarkozy ont noté que c'était surtout dans les réservoirs de gauche que l'UDF allait puiser. Jeu de vases communicants qui, évidemment, les arrangeait. "François Bayrou sera à Ségolène Royal ce que Jean Marie le Pen a été pour nous pronostiquer même un éminent sarkozyste. L'artisan de la défaite. Le FN nous a fait perdre pendant 20 ans en nous volant nos voix. L'UDF fera pareil avec le PS." La consigne officielle à l'UMP était donc d'ignorer le candidat centriste, tout en continuant de débaucher ses amis. Mais là, François Bayrou va un peu loin à leur goût. L'éventualité de le voir arriver au second tour ne relève plus du fantasme. Et les amis de Nicolas SArkozy reconnaissent que ce cas de figure-là, ils ne l'ont jamais envisagé. Ils ne sauraient même pas comment s'y prendre, tellement cela va à l'encontre des conviction du candidat Sarkozy. Selon lui, les Français veulent opérer un choix. Pour lui, François Bayrou reste le NON choix. Alors, il espère maintenant que le destin électoral du centriste ressemblera à celui de Chevènement en 2002 : l'affaissement. Sinon, il sait en tout état de cause qu'il arrivera en position de force pour le second tour. Et une position de force dans une présidentielle, cela s'appelle Matignon ! Curieusement au PS, première victime pourtant de la montée de Bayrou, on ne semble pas trop s'inquiéter, tout simplement parce qu'on ne croit pas à la fixation des électeurs sur le candidat du centre. Pour l'instant, dit-on, si les Français jouent dans les sondages, ça ne durera pas. En attendant, la petite musique que François Bayrou a fait résonner aux oreilles des Strauss-khaniens, sur le thème "que de belles choses ferions nous ensemble", titille les susceptibilités. D'autant que ce n'est pas le grand amour entre DSK et Royal. Alors, hier, les socialistes ont commencé à monter au créneau pour rappeler que Bayrou, était un bien un homme de droite. Du coup, ce qui est amusant, c'est que le coup de fouet de Ségolène Royal dans les sondages ce matin, va évidemment rassurer et réjouir son camp, mais paradoxalement, il va aussi sans doute soulager celui de Nicolas Sarkozy. Ce face-à-face, il le sent tellement mieux !

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