Municipales à Paris. Ce matin, le premier ministre, François Fillon, va faire campagne auprès de la candidate UMP, Françoise de Panafieu, une candidate pour le moins à la peine. La scène se passe lors d'un déjeuner autour d'Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux anciens combattants mais surtout le "monsieur investiture" de Nicolas Sarkozy. Il reçoit un coup de fil : "Oui Françoise, pourquoi pas ? D'accord on en parle à ton retour". Il raccroche et sans malice explique à ses convives : "C'est Françoise de Panafieu, elle est en Chine avec le président, elle a rencontré quelqu'un qui lui plait, elle me demande si elle peut le mettre sur sa liste dans le 18ème." Elle demande l'autorisation de le mettre sur sa liste ? Ce déjeuner se déroule à l'automne mais depuis, rien n'a changé, la candidate UMP n'a acquis, ni autorité, ni légitimité, ni vis à vis de l'Elysée, ni vis à vis de ses propres troupes, pas plus semble-t-il qu'aux yeux des Parisiens. Et si l'automne a été difficile pour elle, la nouvelle année est juste calamiteuse. Les sondages l'accablent. Elle est loin derrière Bertrand Delanoë. Aujourd'hui, ceux qui croient le moins en sa victoire sont dans son propre camp. Des militants désabusés, et des têtes de liste qui s'envoient des noms d'oiseaux à la figure, les uns reprochant aux autres de soutenir contre eux des dissidents, celui qui a marié Nicolas Sarkozy par exemple... Ambiance. Eh oui, car le problème, ce n'est pas seulement qu'elle n'a pas choisi ses troupes, se laissant imposer là une protégée de Cécilia ex Sarkozy, ailleurs la ministre de l'économie. Ce n'est pas non plus que ses troupes ne croient pas en elle et préfèrent l'oublier sur leur matériel de campagne, c'est aussi qu'elles se détestent entre elles : derniers soubresauts du chiraco tibérisme finissant ! Alors l'histoire de cette campagne 2008, quand il faudra l'écrire, ce sera sans doute l'histoire d'un ratage, même s'il faut rester prudent, la mécanique du scrutin parisien est complexe et peut réserver des surprises. Histoire d'un regret d'abord, pour beaucoup y compris à l'Elysée, c'est Jean-Louis Borloo qui aurait dû se lancer cette fois, mais il a manqué de courage regrettent certains. Histoire d'un ratage car après avoir été dûment investie par les militants parisiens, qui avaient cru trouver à leur tour, leur Ségolène, et bien Françoise de Panafieu n'a pas fait mieux qu'elle : des têtes de liste qui multiplient les gaffes, épisode Cavada du week-end dernier, qui ont peu de temps pour faire campagne, "qui connait Madame Lagarde dans le 12ème arrondissement ?", qui ont du mal à dire ce qu'elles font là, on ne sait toujours pas si Rachida Dati sera ou non maire du 7ème si elle est élue. Un programme aussi qui a du mal à se différencier de celui de l'équipe sortante, si ce n'est dans la surenchère. Un ratage personnel aussi, car Françoise de Panafieu n'a jamais trouvé le bon ton face à Bertrand Delanoë, ni sur son bilan, renvoyer dos à dos droite et gauche sur l'histoire des élus logés par la ville de Paris, c'était le boomerang assuré, ni dans ses piques personnelles, traitant le maire sortant de "tocard" un jour, s'enfonçant le lendemain à expliquer que "tocard" c'était sympa. Aujourd'hui, son seul espoir réside dans la démobilisation de l'électorat de gauche, qui peut croire la victoire assurée. A moins, à moins qu'il y ait aussi un effet Fillon dans la capitale, on va voir ça ce matin, un effet Fillon qui viendrait contrebalancer l'effet négatif de Sarkozy. Eh oui, parce qu'en plus, Françoise de Panafieu croyait faire campagne à l'ère du sarkozysme triomphant, quand elle doit à l'inverse répondre d'une ambiance fin de règne prématuré à l'Elysée, à laquelle elle ne s'attendait pas.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.