Photo de famille au grand complet hier pour les socialistes - longtemps que ça n'était pas arrivé. Photo où pas une tête ne manquait ! Le dernier forum de la rénovation du PS s'intitulait "Les socialistes et l'individu". En fait, ils auraient du tout mettre au pluriel, car des individus, des individualités, il n'y avait que ça hier à La mutualité ! Bon, l'injustice pour le parti socialiste, c'est qu'effectivement, quand ses éléphants et éléphantes sont absents, on ne compte que les chaises vides, et quand ils sont tous là, on parle facilemement de trop plein ! Mais avouez que le spectacle était étonnant. Pour la première fois depuis 8 mois, tous les ténors étaient là, pour dire tous la même chose ! François Hollande a retrouvé son autorité, et son humour, pour endosser son costume de chef de guerre en vue des municipales. Ségolène Royal, à qui on prête l'intention de vouloir prendre la tête du PS, a souffert de revenir au bercail, pour appeler à la tribune à un "vote sanction" contre Nicolas Sarkozy. Bertrand Delanoë a parlé de "faire rempart" contre la droite, quand Laurent Fabius a réclamé un "carton jaune". Mais plus étonnant encore, l'irruption surprise de Dominique Strauss-Kahn. "Vedette américaine" dit-on ce matin ? C'est joli, mais c'est sans doute minorer les visées de l'actuel directeur du FMI sur le PS. Une vedette américaine est censée ne chanter qu'après la star, on a cru comprendre que DSK n'entendait pas jouer les seconds rôles. Interrogé sur les ambitions affichées de Royal, le nouveau banquier du monde répond avec sa superbe habituelle "je ne vois même pas de qui vous parlez"; et puis surtout, sa seule intrusion dans le débat électoral français lui permet de dessiner le périmètre de sa propre liberté, et ça a du sens. Car que le numéro 1 du FMI assiste à une réunion de son parti, ce n'est déjà pas banal, qu'il y prenne la parole devant micros et caméras pour y lancer un mot d'ordre de campagne "le gouvernement mérite d'être sanctionné aux municipales" a-t-il dit, voilà l'extra-ordinaire... DSK a été élu à la direction du Fond Monétaire International en septembre en étant largement soutenu par Nicolas Sarkozy. Il rencontre d'ailleurs cet après-midi le président français, mais l'affaire est entendue, il ne se compte pas absolument dans les prises de guerre de l'ouverture sarkozyste. DSK était, est, et reste socialiste. Et à ce titre, il n'abdique rien de ses ambitions socialistes. Il l'avait dit en partant à Washington l'automne dernier, il est venu faire à chacun une piqure de rappel. Alors Dominique Strauss-Kahn sur la photo de famille, ça change quoi ? Collectivement, à l'approche des municipales, c'est plutôt une bonne nouvelle. Une façon de montrer que face à un pouvoir fragilisé, le PS peut se montrer uni. Pour la suite des événements, congrès, puis préparation de 2012, alors là, ça complique juste un peu plus les choses ! On se préparait à assister à un duel Royal/Delanoë, nous voilà assurés d'un combat à 3 avec les amis de DSK en faux nez pendant son exil américain. Avec cette incongruité : sur le fond, ces 3 là sont quasiment d'accord sur tout, alors pourquoi et comment les départager ? Et c'est reparti pour un tour, quand la fameuse "rénovation" des idées elle, tarde à pointer le bout de son nez. La quadrature du triangle, vous connaissez ? Voilà la nouvelle équation mathématique à laquelle le PS devrait se trouver confronté dans les prochains mois.

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