Ce matin, vous percevez comme un besoin d’apaisement dans la politique française !

Oui, vous avez remarqué, à part Manuel Valls, toujours survolté, les responsables politiques les plus habituellement, disons, «énergiques», sont pris d’une « apaisite » aigue. D’abord il y a Marine Le Pen qui dévoile involontairement son prochain slogan : « La France apaisée ». Ce n’était pas au premier abord, l’idée que l’on a de la France selon la présidente du FN, au vu de la véhémence de son discours habituel. Le plus étonnant, c’est l’aveu involontaire qui se cache derrière ce slogan et cette affiche, donc « La France apaisée », avec une photo de Marine Le Pen avec un sourire angélique. Le slogan est lancé au moment où la patronne du FN décide de faire une diète médiatique. Si le FN avait voulu nous expliquer qu’il y a une relation de cause à effet entre le nécessaire silence de Marine Le Pen et le souhaitable apaisement de la France, il ne s’y serait pas pris autrement. Marine Le Pen se tait, la France s'apaise ?! Non, en réalité, cette posture nouvelle de l’apaisement correspond à une réflexion stratégique. La capacité de mobilisation du FN n’a jamais été aussi forte mais elle est encore très loin d’être assez puissante pour contrer la capacité de mobilisation contre le FN. Les régionales en sont la preuve. Les responsables frontistes ont observé les résultats de prêt et aussi les courbes de popularité. Marion Maréchal Le Pen et Marine Le Pen ont des taux d’impopularité personnelle très élevés ! Le changement de ton, l’apaisement, est donc une nécessité stratégique, l’ultime étape du ripolinage de la dédiabolisation… Mais l’apaisement est, semble-il, aussi une valeur en hausse à droite.

Vous pensez à Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé… ?

Oui, ces deux-là, qui ont toujours fonctionné au conflit, aux clivages outrés, à la transgression stratégique ou caractérielle, ont décidé de tenter de sortir des tréfonds sondagiers par l’apaisement. Ils écrivent des livres de mea-culpa, ils privilégient, pour en parler, des émissions de confessions intimes, à divans et lumières tamisées. Eux aussi ont regardé les courbes d’opinion, eux aussi sont très haut dans l’impopularité et le rejet. Ils ont, à leur disposition, des enquêtes qualitatives secrètes mais explicites. Le placide Juppé surnage, le ZEN Cazeneuve est la coqueluche du moment, Laurent Fabius, très populaire, ne brille pas par son coté éruptif, et Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, ministre préféré des Français, ne lève jamais la voix, ne s’énerve jamais. L’apaisement, après une année terrible marquée par la violence, les polémiques identitaires, une agressivité politique et religieuse épuisante, apparaît donc comme une nécessité pour le débat public. Mais à mesure que l’on se rapproche de la présidentielle, élection qui, dans sa forme, (élection à 2 tours) oblige d’abord à rassembler son camp CONTRE plutôt que POUR, la logique d’affrontement, imprimée par notre caractère national et renforcée par nos institutions, risquent de reprendre le dessus. Déjà très relatif, l’apaisement, ne durera pas... Donc, profitons-en !

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.