La gauche et ses fractures...

Cette partie de la gauche coincée entre les Insoumis et LREM,  c’est-à-dire EELV, PC, PS, Génération de Benoit Hamon, n’a -semble-t-il- plus le sens de l’histoire! Elle additionne ses tendances groupusculaires. C’est fort de ce constat que l’essayiste Raphael Glucksmann passe d’un chef de parti à l’autre pour tenter de les convaincre de faire liste unique aux européennes. Pour l’instant, seul Olivier Faure, capitaine du radeau socialiste, accepte la démarche. Olivier Faure connaît mieux que quiconque l’état de son parti et ses récentes prises de position montrent, chose rare en politique, qu’il ne joue pas d’abord la préservation de l’appareil ou son avenir personnel, mais regarde plus large. 

Et les écologistes ?

Ils ne sont pas à la hauteur de leur victoire culturelle. Ils ont gagné la bataille des idées sur la gauche et au-delà. Le mouvement des Gilets Jaunes, né d’une mesure d’affichage écologique, jugée injuste, aurait pu prendre les écolos comme cible ! Il n’en est rien, les écologistes sont épargnés par les manifestants qui disent même comprendre l’impératif de la transition énergétique. C’est dire si l’écologie à gagner les cœurs et les esprits. C’est donc le moment d’embarquer le plus de monde possible. Mais les  écologistes, et singulièrement Yannick Jadot, ne semblent pas comprendre qu’ayant eu raison avant tout le monde, étant porteur d’une idée et d’une vision du monde qui progresse à grands pas dans toutes les sphères de la société, c’est à eux qu’incombe la responsabilité du puissant… celle du rassemblement le plus large. Mais non ! Tout se passe comme si Yannick Jadot se satisferait d’un 9, 10% aux européennes. C’est-à-dire d’être borgne chez les aveugles, unijambistes chez les culs-de-jatte ! Pour justifier ce superbe isolement (par exemple le refus –et sur ce ton- de l’offre de Ségolène Royal), les leaders écologistes laissent entendre qu’un socialiste, qui forcément a passé productiviste, dénaturerait la liste comme une boule de brut dans un lagon. Il se dit que Jadot ne fait aucun effort d’ouverture en raison de son égo et de son ambition présidentielle. En fait,  ce doit être l’inverse : Yannick Jadot, qui fut brillant patron de Greenpeace, député européen de conviction, a visiblement l’ambition et l’égo d’un ermite pour estimer que l’idée qu’il porte, l’idée du 21èmesiecle, aura gagné si sa liste finissait devant celle de Benoit Hamon ou celle du PS ! Si Yannick Jadot avait de l’ambition pour l’écologie il ferait en sorte qu’une liste, évidemment dirigée par lui, soit composée, sous son autorité de vainqueur des idées, par un cercle plus large que celui des quelques milliers (peut-être même seulement des quelque centaines) de militants vraiment actifs des verts. L’ambition de l’ancien candidat à la présidentielle Benoit Hamon est inversement proportionnelle aux chances de son petit mouvement... L’ambition politique de Yannick Jadot est, elle aussi, inversement proportionnelle à l’immense potentiel de l’écologie. La marque d’un grand politique, c’est de savoir évaluer la puissance du fauve qu’il chevauche. Certains (les plus nombreux) la surestiment mais se surestiment aussi eux-mêmes. D’autres, plus rares (Yannick Jadot par exemple), la sous-estiment. Généralement, le résultat est le même : ils perdent.

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