Nicolas Sarkozy, seul maître à bord pour mener les réformes promises pendant la campagne. C'est l'image que le président a souhaité donner en accordant hier soir à TF1 sa première interview télé. Pendant ce temps, à gauche, on se demande qui est maître à bord. A droite, c'est simple, ils sont UN, un, seul et unique. Hier encore, tout au long de la journée, Nicolas Sarkozy est apparu comme le seul véritable acteur de son camp. Président omniprésent, hyperactif, "hyperprésident" titre "Le Figaro" ce matin, président qui fait tout, qui guide, qui tranche et qui assume. Il est à la tête du gouvernement, de sa majorité, à la tête de son parti. Il a beau avoir un premier ministre, bientôt un président de l'assemblée, un secrétaire général délégué à l'UMP, notez le "délégué", même pas un titre plein pour lui succéder, en réalité, Nicolas Sarkozy est l'unique référent à droite. A gauche, ils sont... foule ! Les défaites à répétition du parti socialiste, et la défaite présidentielle en particulier auraient pu laminer, essorer ses dirigeants. Curieusement, elles ont depuis des années l'effet inverse : à chaque nouveau scrutin, les vaincus demeurent, s'accrochent. Et pour compliquer la donne, surgit à chaque fois une génération spontanée d'apprentis dirigeants qui lorgnent la place. Au final, ça fait beaucoup de monde, et assez peu de renouvellement. Arnaurd Montebourg tentait dimanche soir après sa victoire d'enrichir le bestiaire socialiste. "Après le temps des éléphants, clamait-il, voici venu celui des jeunes lions". Il manquait d'imagination. En réalité, les dirigeants socialistes font penser aux Gremlins de Joe Dante, ces créatures inoffensives qui, à peine mises en contact avec l'eau, se reproduisent à l'infini, et qui peuvent passer leur temps ensuite, à tout détruire sur leur passage. Ce sont les défaites successives qui à gauche, engendrent cette multiplication des apprentis leaders. Quand les anciens jamais, ne lâchent rien. François Hollande a bien promis de partir après le prochain congrès, 10 ans ça suffit disait-il. On sent sa réticence à lâcher maintenant. Dominique Strauss-Kahn fait mine de prendre du champ en s'éloignant des instances dirigeantes. C'est pour revenir par le haut. Laurent Fabius, pas peu fier d'avoir levé le lièvre de la TVA sociale entre les 2 tours voit son avenir en rose. Pourquoi pas la présidence du groupe socialiste à l'assemblée ? Quel destin pour celui qui a occupé ce même poste il y a... 12 ans ! Bertrand Delanoë, gonflé à bloc par les résultats à Paris, croit à son tour incarner le renouveau du PS, quand il était conquistador parisien dans la bande à Jospin, il y a 30 ans. Il y a les petits jeunes, les Valls, Hamon, Peillon qui voudraient bien que les anciens fassent enfin place nette. Mais eux aussi commencent à vieillir. Ils ont déjà été de tous les courants et de toutes les alliances. Enfin, il y a bien sûr Ségolène Royal, qui parce qu'elle n'a pas prononcé une seule fois le mot "défaite", veut croire que tout est encore possible. ça fait du monde. Trop sans doute et ça n'aide pas le PS à résoudre cette quadrature du cercle : Faut-il commencer par se trouver un leader avant de s'attaquer à la refondation du parti ou faut-il initier la rénovation des idées pour trouver le Mitterrand du 21ème siècle ? Qui de la poule ou de l'oeuf est le premier ? Si la droite a réglé pour un temps ce vicieux paradoxe, le PS cherche encore la porte de sortie.

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