La primaire voulue par le PS pourrait permettre de clarifier la ligne politique de la gauche de gouvernement…

Enfin, serait-on tenté de dire ! Cette primaire, comme toutes les primaires est d’abord faite pour sélectionner un candidat. Mais les socialistes doivent aussi clairement –cette fois ci- trancher pour une ligne. Ils auraient pu y penser avant ! Mais bon, on en est là… L’objectif, c’est donc de choisir une ligne claire pour 2017, pour gouverner à nouveau ou pour (plus certainement) entamer une cure d’opposition traversée par des clivages idéologiques bien définis. En réalité les socialistes ont fait les choses à l’envers. Ils auraient dû arriver au pouvoir ayant clarifié leur positions, notamment économique, sur leur rapport à l’Europe, sur quelques notions comme le droit du travail ou la compétitivité. Au lieu de cela, il se retrouve à devoir trancher leurs éternels débats, en fin de mandat…

Pourquoi la primaire de janvier 2017 permettrait-elle de trancher sur le fond ce que la primaire de 2011 n’a pas su trancher ?

C’est la question que les socialistes doivent se poser s’ils veulent que leur prochaine primaire soit utile politiquement, et non pas seulement tactiquement. La primaire de 2011 avait eu pour effet bénéfique d’adapter le PS (parti organisé en tendance, parti de structure très parlementariste) aux exigences d’une présidentielle. En personnalisant le débat, en donnant une onction populaire au candidat socialiste, la primaire avait mis François Hollande sur orbite et l’avait considérablement renforcé. Mais on s’est aperçu que si la primaire avait clarifié le débat des personnes elle avait flouté, un peu plus celui des idées. François Hollande qui avait fait une campagne modérée, au centre gauche, avait, pour l’emporter sur Martine Aubry au second tour, fait alliance avec Arnaud Montebourg. Ce dernier, plus éloigné idéologiquement de François Hollande que de Martine Aubry avait, cependant choisi celui qui allait être président pour que leur alliance ratisse plus large. Tactiquement c’était compréhensible. Ce fut d’ailleurs électoralement efficace. Mais cette alliance s’est faite au détriment de la cohérence du discours du vainqueur. Arnaud Montebourg, le « démondialisateur » un brin souverainiste voulait que François Hollande, l’européen, fasse je cite, « entrer sa cohérence dans la sienne ». « entrer sa cohérence dans la sienne » ! Ce Kâma-Sûtra politique avait donné le beau discours du Bourget. Beau mais très ambiguë. François Hollande a gouverné sur ces ambigüités jusqu’en 2014 et son virage social libéral. La trahison ressentie par de nombreux électeurs de gauche vient en grande partie de là. Les socialistes ont trop longtemps confondus synthèse et compromis. La synthèse c’est le choix de la couleur de la voiture, le compromis c’est le choix du moteur. La primaire de la gauche de gouvernement de 2017 ne pourra pas reproduire le schéma de 2011. Elle dégagera forcément des choix clairs, instruits par 5 années de pouvoir. Les cohérences de Montebourg et Hollande sont maintenant (question de décence politique) in-emboitable ! Donc résumons : le PS aura pris le pouvoir dans l’ambiguïté… mais va peut-être de le rendre dans la clarté… c’est déjà ça !

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