Grosse pression sur la branche Modem de la majorité…

Oui parce qu’en toute logique, les 3 ministres MODEM, François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard devraient quitter le gouvernement. Alors c’est vrai, rien –dans la loi- et dans leur situation ne les empêche d’être ministre. Il y a une règle politique (pas juridique), la jurisprudence Balladur, déclarée intangible par Edouard Philippe dès sa nomination : tout ministre mis en examen doit quitter son poste. Aucun des 3 n’est, pour l’instante, concerné. Mais les bons connaisseurs du dossier ont peu de doutes, le moment viendra (dans quelques mois peut-être) ou Goulard, Sarnez et Bayrou seront mis en examen. La possibilité existe et elle est forte ! Sylvie Goulard, visiblement en a déjà tiré la conclusion la plus logique : elle part d’elle-même, pour se défendre et pour ne pas imposer une crise politique plus importante encore à la majorité. Marielle de Sarnez a l’air d’y penser parce qu’elle laisse entendre qu’elle se verrait bien à la tête du groupe parlementaire MODEM. François Bayrou, au contraire, est rétif à l’idée d’abandonner le gouvernement, lui qui, en sacrifiant sa candidature à l’Elysée, n’est pas pour rien dans la victoire d’Emmanuel Macron ! Pourtant son cas est plus critique que celui de ses 2 camarades ministres Modem. Il s’agit-là d’une question de morale politique et aussi d’efficacité et de responsabilité réformatrice puisque François Bayrou est chargé de la 1èreloi du quinquennat Macron, consacrée à la moralisation de la vie publique ! Avec 2 volets importants : les conflits d’intérêt et le financement de la vie politique ! Vous voyez le Garde des Sceaux et président du Modem, dans ce contexe, aborder ces sujets à l’Assemblée ? On imagine d’ici la teneur des débats.

On imagine donc aussi qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe exercent une forte pression sur les 2 ministres Modem pour qu’ils suivent l’exemple de Sylvie Goulard !

Peut-être ! À vrai dire ce serait logique. Il vaut sans doute mieux l’amputation, même brutale, de la branche MODEM et gouvernementale de la majorité, à l’occasion d’un remaniement plus global, qu’une crise politique perlée, au rythme des révélations sur les assistants parlementaires européens de ce parti, et pire, au rythme des éventuelles mises en examen. Mais officiellement il n’en n’est rien, pas de pression. L’Elysée ne communique pas et à Matignon, on fait mine de ne pas connaitre le détail de l’affaire et l’on dit que François Bayrou est une « personnalité éminente et utile à la majorité » ! Bref, on veut que la décision de partir vienne de lui, sans pression. C’est la stratégie du fruit mûr qui doit tomber tout seul (avant ce soir de préférence). D’ailleurs, pour l’aider à murir plus vite, Matignon remarque « l’élégance » de la décision de Sylvie Goulard, soulignant ainsi l’inélégance de l’indécision des 2 autres. Le départ forcé de Richard Ferrand est aussi un message clair, adressé aux 2 ministres MODEM dont le parti est aux prises avec la justice. En attendant, il ne faudrait pas que la nécessaire loi de moralisation de la vie publique soit la victime collatérale de ce désolant jeu de dupes.

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