Coup d'envoi aujourd'hui de la campagne officielle des législatives. Le premier ministre, François Fillon, réunit dès ce matin l'équipe de campagne de la majorité présidentielle. Au PS évidemment, c'est un peu plus compliqué. Il n'est jamais facile de perdre. Il est encore plus difficile d'accepter une double défaite annoncée, effet double peine garanti pour la gauche. Car la logique institutionnelle de la Vème république qui tend à donner au tout puissant président une majorité pour gouverner, renforcée par l'inversion du calendrier électoral effectuée par Lionel Jospin, rend en effet quasi inéluctable une nouvelle rouste pour les députés socialistes. Il y a l'effet mécanique de cette logique institutionnelle. Pourquoi les Français se déjugeraient-ils 6 semaines seulement après avoir porté au pouvoir de façon claire un camp politique ? Et puis il y a en l'occurrence, quelques facteurs politiques qui n'arrangent pas les choses pour le PS. Pas de leader, pas de message, et des voies d'eau ouvertes à grand coup de hache par la majorité victorieuse. Pas de leader, Ségolène Royal a beau rentrer ce matin de vacances, le parti n'en retrouve pas pour autant sa femme, sa flamme et sa ligne. On a vu au soir même de la défaite notamment avec Dominique Strauss-Kahn, que la nouvelle bataille pour les éléphants était précisément celle de la prise du parti. François Hollande tente de tenir la position au moins jusqu'aux législatives mais, tant que personne n'est à nouveau adoubé, d'une façon ou d'une autre par les militants socialistes, et bien la légitimité des uns et des autres n'est pas immense pour faire campagne. Pas de message. Que dire à des Français qui ont nettement choisi un homme et un camp ? Le PS n'a trouvé qu'un mot d'ordre : ne donnez pas tous les pouvoirs à Sarkozy ! Personne n'ose cependant aller jusqu'à réclamer une nouvelle cohabitation. Du coup, c'est très frileux, "pas trop de pouvoir, mais un peu", il va falloir compter sur des électeurs doués en dosages arithmétiques ! Quant à l'argument, "attention au danger d'un président concentrant tous les pouvoirs", on a vu ses limites pendant la présidentielle, pourquoi deviendrait-il tout à coup efficace ? D'autant que, le camp d'en face justement semble déterminé à saborder ce qu'il reste du navire ou du rafiot socialiste. Nominations inattendues et unaniment saluées comme un beau pari, Rachida Dati à la Justice par exemple, plus débauchages individuels de personnalités de gauche qui n'ont pour l'instant d'autre but que de semer la pagaille et la démoralisation chez les socialistes. Ajoutés à cela, des sondages tendant à prouver que les Français apprécient le mélange des genres. C'est du sel supplémentaire sur les plaies de la gauche. Alors bien sûr, il y aura sans doute un moment où Bernard Kouchner se retrouvera en porte à faux, peut être sur la Turquie, peut-être sur un autre dossier ; où Martin Hirsch aura du mal à faire la part des choses entre son job de haut commissaire et la politique économique de son gouvernement, mais ce sera sans doute trop tard, trop tard pour les législatives et les socialistes - Qui n'en finissent pas décidément de devoir s'habituer aux défaites à répétition, sans que pour l'instant, cela leur soit d'une quelconque utilité.

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