Les premiers pas de la présidence Hollande !

L’installation est plutôt réussie : un gouvernement paritaire et renouvelé, un brin pléthorique peut-être mais un Premier ministre qui correspond aux attentes du moment : sobre, anti-com’ par excellence… et au G8, avec les grands de ce monde, une attitude pas trop familière, une aisance de vieux briscards mâtinée de modestie de débutant. Et parfois une sorte de gaucherie vénielle quand, tombant la cravate pour se conformer à l’ambiance décontractée de Camp David, François Hollande garde sa veste de costume fermée avec sa Légion d’honneur toute neuve qui font aussi adaptées à la situation que des fixe-chaussettes sur une plage ! Mais ce n’est qu’une entrée en scène, qu’une descente d’escalier (l’a-t-il bien descendu ? Oui !). La suite va venir très vite sous forme de plans sociaux en préparation depuis plusieurs mois. Le volontariste chevalier Montebourg, monté sur son ministère du « redressement productif », commence à mollir. Il nous prévient déjà, hier dans le Journal du dimanche que, je cite : « nous encaisserons certainement des échecs ». Le Premier ministre répète partout où il passe qu’il attend l’audit demandé à la Cour des comptes qui nous expliquera (n’en doutons pas) que la situation budgétaire est encore pire que prévue.

Est-ce que ça veut dire que l’exécutif prépare l’opinion à des temps difficiles ?

Sans doute, des temps que le candidat Hollande n’avait pas détaillés pendant la campagne… C’est bien pour cela qu’on ne peut pas parler d’état de grâce. Tout semble dépendre du contenu d’un mot ! Un mot magique, prononcé par les dirigeants du G8 : « la croissance »… « sans croissance mon programme ne tient pas » disait déjà en substance François Hollande avant l’élection. C’est un changement radical, par rapport aux précédentes campagnes pendant lesquelles les candidats disaient le contraire. « Sans mon programme, pas de croissance ». Cette fois-ci, tout le monde est bien conscient que la croissance ne viendra pas que de nos décisions. Le financement des priorités de François Hollande, la recherche, l’éducation, les industries innovantes, sont bonnes pour la croissance à venir mais ne la créeront pas. La croissance il faut donc aller la chercher via des décisions politiques et économiques européennes et même mondiale. Le fait que le G8 parle de croissance est présenté comme une victoire politique de François Hollande ! C’est bien joué mais c’est pour l’instant la victoire d’un nouveau joueur d’une équipe de foot qui viendrait expliquer à ses partenaires que pour gagner, il faut marquer des buts ! Soit ! Mais de quelle croissance parlons-nous ? C’est le grand débat, peut-être le grand malentendu. Plus de dépenses et d’investissements d’avenir, comme disent les Français (de droite ou de gauche d’ailleurs, souvenez-vous du grand emprunt de Nicolas Sarkozy) ou plus de dérégulation du marché du travail, plus de souplesse comme disent les Allemands ? On peut toujours ergoter et disserter sur ces questions… il nous faut retrouver l’équilibre en 2017, c’est aussi un engagement présidentiel, ça passera forcément par un autre mot qu’il conviendrait aussi de redéfinir : « la rigueur ». Que recouvre l’exigence de l’équilibre budgétaire ? Personne ne peut le dire ! Et là, pour savoir si François Hollande exerce bien sa présidence, on n’en sera plus à se poser des questions comme celle de savoir s’il a eu raison ou pas de garder sa veste à Camp David !?

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