L’enjeu du débat sur le bouclier fiscal porte sur l’un des fleurons de la marque Sarkozy, si l’on veut parler comme les communicants politiques à la mode. Plus classiquement on dira qu’il faut sauver le Sarkozysme, comme pensée politique. « Le bouclier fiscal » est l’un des marqueurs idéologiques du sarkozysme. La CRDS qui permet de combler un peu le trou de la sécu ou la CSG pourrait échapper au bouclier fiscal sans que les plus riches en souffrent trop ou partent en suisse. C’est du moins l’avis de certains centristes du nouveau centre et de quelques gaullistes sociaux, chrétiens démocrates ou tenant de la rigueur budgétaire. Dans son interview au Figaro, la semaine dernière Nicolas Sarkozy prévenait déjà sa majorité en ces termes « je ne toucherai pas au bouclier fiscal car je crois au principe selon lequel on ne peut prendre à quelqu’un plus de la moitié de ce qu’il gagne »; remarquez les termes « je crois au principe » Pour le président le bouclier fiscal n’est plus un instrument économique c’est maintenant un principe. Un principe ne souffre pas d’exception ni d’adaptation et c’est vrai qu’un bouclier troué n’est plus un bouclier. Au passage, un autre principe pourrait être rappelé ici. Le président dit « je ne toucherai pas au bouclier fiscal » alors que le principe (constitutionnel celui là) c’est que c’est le parlement qui vote le budget. Acte législatif par excellence. Pourquoi reste-t-il ferme à ce point sur ce thème ?Parce que si l’on fait la liste des principes, concepts, slogans, et idées qui composent le sarkozysme, beaucoup sont aujourd’hui en panne. Reprenons les thèmes de la fameuse rupture déclinée dans tous les domaines: « travailler plus pour gagner plus » ? : Ce n’est pas praticable à cause de la crise. « La fin de l’assistanat »? On s’apprête à recréer les emplois jeunes, « la discrimination positive » ? C’est abandonné parce que ça ne cadre pas avec les principes de la République, l’état impartial et le retour du mérite ? Compliqué à revendiquer en ce moment. Il reste la sécurité, valeur phare mais les chiffres ne sont pas bon, la mise en place d’une croissance verte initiée par la taxe carbone et… le bouclier fiscal. On peut tirer d’autres enseignements du débat sur le bouclier fiscal. D’abord il montre que le Parlement (que l’on disait ici même d’ailleurs, éteint et godillot), hé bien le Parlement bouge encore un peu… parfois. Bien sur les amendements qui visaient à rendre poreux le bouclier pour la CSG et le CRDS ne sont finalement pas passés. Pas plus que la proposition du sénateur UMP Jean Arthuis de remplacer l’ISF par une nouvelle tranche supérieure d’impôts sur le revenu. L’ISF un autre totem pourtant jugé, par beaucoup, à droite comme à gauche comme aussi symbolique qu’inefficace. Le débat est clos mais au moins il a existé et il ressurgira parce que les déficits, eux, ne sont pas symboliques. On peut dire que la majorité s’est divisée, ce serait un commentaire tristement classique… Préférons constater que la représentation nationale respire encore et qu’il y a eu du débat. Enfin Thomas un petit commentaire sur les propos, hier, du président de la République, qui a critiqué la presse ?!Oui, le Président, remonté contre la presse a dit ceci. « Les commentateurs commentent et moi j’agis ». Hé bien c’est vrai, en tant que commentateur je ne peux qu’approuver cette affirmation. Fréderic Lefèvre devrait s’en inspirer, notre boulot c’est de commenter. « Les commentateurs commentent », on pourrait d’ailleurs poursuivre le raisonnement : les footballeurs jouent au foot, les boulangers font du pain… et Fécamp, petit port de pêche, entend le rester !

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