**La semaine dernière vous pointiez le risque du grand écart pour le PS sur la réforme des retraites.Oui, c’est le risque que courrait le parti socialiste en cas de radicalisation ou de prolongation du conflit. Un conflit qu’en tant que principal parti d’opposition, le PS est obligé d’accompagner. Souvenez-vous, on se disait que Martine Aubry n’était pas Rudolf Noureev… Hé bien, il va quand même falloir que la première secrétaire du parti socialiste fasse quelques étirements parce qu’on y est presqu’au grand écart. La semaine dernière, Martine Aubry fait, sur France 2, une prestation remarquée dans l’émission « A vous de juger » : Elle était apparue compétente et pointue sur les dossiers sociaux qu’elle connaît parfaitement. Les propositions du PS en matière de retraite (on est d’accord ou non) après cette émission, étaient claires. Le PS veut que les Français aient toujours la possibilité de partir en retraite à 60 ans mais pas à taux plein. Sauf pour ceux qui auront atteint leurs 41 ans et demi de cotisation. Les socialistes acceptent donc l’idée que le nombre d’années de cotisations augmente aujourd’hui et aussi dans l’avenir en fonction de l’allongement de l’espérance de vie. Les bornes d’âge actuelles sont maintenues mais les économies sont effectuées grâce à l’augmentation des années de cotisation et aussi à une réforme du financement du système qui mettrait à contribution les revenus du capital. Bref tout ça est certainement critiquable mais ça se tient et sur le papier c’est financé. C’est carré. Et puis Benoit Hamon s’est exprimé pour dire que ce n’est pas si carré que ça ! Oui, Benoit Hamon a sans doute un peu ruiné l’effet de Martine Aubry. Il représente l’aile gauche du PS et il s’exprime en effet, ainsi que d’autres membres de son courant comme Henri Emmanuelli, pour dire que le projet du PS est très bien, que c’est aussi le sien, qu’il ne peut d’ailleurs en être autrement puisqu’il est porte parole de Martine Aubry mais qu’il y a le mouvement social ! Et donc qu’il faut en tenir compte. C'est-à-dire que le projet "clef en main" que présentait Martine Aubry la semaine dernière devient, dans la bouche du porte-parole de Martine Aubry, un projet de départ. Si demain matin le PS était au pouvoir, il soumettrait, selon Benoit Hamon son projet à la négociation et il faudrait arriver un accord avec ceux qui refusent l’augmentation du nombre d’années de cotisation. En gros Benoit Hamon développe une logique assez cohérente avec le fait de soutenir et d’accompagner un mouvement social qui se radicalise. On reproche au gouvernement de ne pas négocier mais alors ça veut dire qu’il faut négocier... donc le projet du PS est à négocier! Donc, toujours selon cette logique, on ne peut pas savoir quelle serait, à la fin la réforme des retraites qu’appliquerait le parti Socialiste. Il faut aussi, de l’autre coté, sur le flan droit du PS voir ce que propose par exemple Manuel Valls. Dans un livre récent, le chapitre consacré aux retraites se conclut par des propositions qui ressemblent fort à ce que propose le gouvernement. A-t-il évolué sur la question ? qu’est-ce qui serait mis en négociation si la gauche gagnait les élections de 2012 ? On va peut-être le savoir à 8H20 puisque Manuel Valls est notre invité ce matin. Toujours est-t’il qu’un projet, celui de Martine Aubry ou celui de Manuel Valls (qui, on peut l’imaginer pourrait ressembler à ce que proposerait Dominique Strauss-Kahn), ces projets auraient toutes les chances de mettre les syndicats dans la rue, à peu près de la même façon (exaspération antisarkozyste en moins peut-être) que le projet du gouvernement.**

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