Marc Fauvelle

Vous nous dévoilez ce matin le dernier rapport de l'ONG Transparency International consacré au pouvoir des lobbies.

Vous allez voir qu’ils se portent bien ! Pour bien faire, il faudrait même l'offrir, ce rapport, à nos parlementaires et l'afficher dans toutes les mairies. Prenez un exemple récent, pas plus tard que la semaine dernière, deux députés ont déposé exactement le même amendement à l’Assemblée, et sans se concerter.... 15 lignes, à la virgule près, pour faire baisser la fiscalité sur les cigarettes, cela s'appelle un "amendement clé en main", et on se doute que c'est un grand fabricant de tabac qui leur avait soufflé et même écrit à l'avance... (Je précise tout de même que cet amendement a été rejeté) des exemples, il y en a bien d'autres : les loges à plusieurs milliers d'euros offertes gracieusement à Roland Garros ou au parc des Princes, sans oublier bien sûr le scandale du médiator. Tout cela se fait dans la plus grande opacité, on ne sait pas qui influence qui, et avec quels moyens, et comme le secret entraîne aussi une certaine parano, tout cela jette le discrédit sur l'ensemble de la classe politique.

Regardez par exemple le recul sur l'écotaxe. Qu'a-t-on entendu immédiatement après ? C’est la faute aux lobbies des routiers.... alors que c'était surtout une loi mal ficelée.

Les lobbies ont-il trop de pouvoir ?

En tout cas, c'est un match de plus en plus déséquilibré qui se joue dans l'élaboration des lois, c'est d'ailleurs le constat que fait Transparency International. D'un côté, vous avez des grands groupes, aux budgets pharaoniques, de l'autre, un état dont les moyens de contrôle se réduisent comme peau de chagrin. On apprend par exemple ce matin encore, que jamais depuis des années, les cabinets ministériels, en clair les équipes des ministres, n'avaient été aussi réduites.

Alors il y a bien sûr quelques progrès... A l'Assemblée par exemple, un lobbyiste a désormais l'obligation de signer un registre, de porter un badge mais c'est tout ou presque. En théorie, rien n'interdit non plus à un assistant parlementaire de travailler à mi-temps à l'Assemblée, et le reste de la semaine pour un labo pharmaceutique... Enfin, les règles sont simplement inexistantes, souligne ce rapport, à l'Elysée, ou dans l’ensemble des ministères.

Alors entendons-nous bien, il ne s'agit pas de dire que les lobbies représentent le mal absolu, au contraire, un lobby, cela peut être aussi une ONG, une association de parents d'élèves qui veut faire entendre ses intérêts. Ils peuvent même être un antidote à l'Etat qui se mêle de tout et d'en haut.

Y a-t-il des solutions ?

La plus radicale, ce sont nos aïeux révolutionnaires de 1789 qui l'avaient trouvée, en interdisant toutes les corporations et coalitions en tous genres, et ça a d'ailleurs duré pendant un siècle... Mais plus sérieusement, aujourd'hui, il y a une solution : faire avec la loi ce que l’on fait déjà dans nos assiettes, assurer la traçabilité de toutes les lois... c'est ce que demande aujourd'hui l'ONG en conclusion de son rapport : qu'on indique clairement quel lobby a été entendu, à quelle date, et quelle a été sa proposition... Tout cela noté noir sur blanc, et disponible pour l'ensemble des Français. Ce serait simple, efficace et transparent..... Comme on dit, y a plus qu'à !

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