Ce matin, l’affaire de la convocation de Marine Le Pen pour une expertise psychiatrique…

Et c’est une manip’ grossière, une victimisation politique gonflée et basique. Marine le Pen, sous le coup de poursuites pour avoir publié des photos monstrueuses d’exécutions perpétrées par Daech, est convoquée pour une expertise psychiatrique. Dans ce genre de procédure, une telle convocation est automatique… Le juge pouvait-il éviter d’envoyer une convocation, dans ce cas précis, absurde ? S’il l’avait fait, n’aurait-on pas dit que la justice n’est pas la même pour les politiques ? Mais au fond, pourquoi cette convocation, pourquoi cette règle ? Parce que, quand est diffusé, sur les réseaux sociaux, ce genre de photos, il faut vérifier que la personne qui les publie n’est pas en voie, par exemple, de radicalisation. C’est un outil pour lutter contre la propagation de l’islamisme radical. Ça ne s’applique évidemment pas à un responsable politique. Mais peut-on reprocher au législateur d’avoir oublié d’imaginer qu’une personnalité politique nationale pourrait diffuser de telles monstruosités sur son compte Twitter ? Marine Le Pen aurait très bien pu ne pas rendre public la convocation. Personne d’autre qu’elle n’en avait l’information. Mais elle l’a fait pour faire croire que la justice, forcément aux ordres, décidait de psychiatriser l’opposition, qu’à l’instar des anciens régimes de l’Est, le gouvernement voulait accréditer l’idée que ses opposants les plus résolus étaient des fous. C’est absurde et manipulatoire. Marine Le Pen est avocate et sait très bien qu’en s’insurgeant contre cette convocation, en la faisant passer pour une mesure liberticide qui lui serait délibérément destinée, elle commet une entourloupe ! Nous sommes en présence typique de la fabrication d’une fake news comme en sont férus tous les populistes de partout.

Mais ça marche puisque de nombreux responsables politiques ont apporté leur soutien à Marine Le Pen.

Ce n’est pas étonnant que l’amicale populiste se mette en branle, entre dans la combine de Marine Le Pen… Matteo Salvini lui apporte son soutien… Une partie de la presse étrangère s’étonne de cette procédure sans, dans un premier temps, la détailler. Nicolas Dupont-Aignan,  qui ne craint jamais d’en faire trop, tweete, je cite, « la justice soviétique qui plaçait ses opposants en hôpital psychiatrique…prochaine étape le goulag ? » Mais le plus frappant, c’est le tweet de Jean-Luc Mélenchon qui, lui aussi, feint de ne pas connaitre l’automaticité de la procédure et n’hésite pas à emboiter le pas victimaire de Marine Le Pen, en accréditant l’idée de l’existence d’une justice politique ! C’est la technique perfide de l’ultrason complotiste. Il dit : «désaccord total avec la psychiatrisation des actes politiques. Tous les moyens ne sont ni bons ni acceptables pour combattre Marine Le Pen». JL.Mélenchon s’exaspère  souvent, et à juste titre, quand, par amalgame réflexe, commentateurs ou concurrents politiques font un parallèle abusif LFI/RN, du genre «les extrêmes se rejoignent». Là, pour le coup… JL.Mélenchon y met du sien… il sera dur d’affirmer qu’il n’y a pas collusion de populistes pour faire ce qu’ils savent faire le mieux: tordre la réalité… 

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