Une déclaration de candidature qui achève une traversée du désert de deux ans. Un désert peuplé d'oasis assez confortables. Une prise de distance assez relative...

Cette semaine de rentrée il sera beaucoup question de déclarations de candidatures… Ce matin, il s’agit d’A.Montebourg...

Oui, une déclaration qui vient clore une traversée du désert de deux ans. Un désert finalement peuplé d’oasis assez confortables, une prise de distance (très relative) qui fait partie des éléments d’images constitutifs d’un bon candidat à l’Elysée, surtout s’il prétend s’inspirer du gaullisme. Donc, hier, Arnaud Montebourg s’est porté candidat après -au PS- Marie Noelle Leinemann, Gérard Filoche, Benoit Hamon, et avant, sans doute quelques autres. Le trop plein, n’est pas en cause, il s’agit pour l’instant d’une primaire, même si Montebourg attend des garantis sur l’organisation de celle-ci, avant de s’y inscrire vraiment. La question n’est donc pas tant le nombre des candidats que le contenu des propositions. Montebourg veut une gauche interventionniste, qui emprunte à un gaullisme social mythifié. Très tournée vers l’implication de l’Etat planificateur. Allant même jusqu’à ressortir la vieille et belle idée du gaullisme inachevée de la participation. Montebourg développe un projet politique de rupture en affirmant que la réduction du déficit n’est plus une priorité…

Rupture totale donc, avec François Hollande !

Oui, entouré des parlementaires frondeurs du quinquennat, Arnaud Montebourg dessine sur l’essentiel économique et social, l’exact contraire de la pensée Hollandaise, Vallsienne ou Macronienne. On réalise en écoutant la virulence définitive de ses critiques envers le Président, l’étendu du travail idéologique et programmatique que le PS n’a jamais fait… On ne voit d’ailleurs pas comment, François Hollande pourrait honnêtement soutenir Arnaud Montebourg s’il perdait la primaire et inversement. Ces deux-là ne peuvent plus nous refaire le coup de la synthèse de 2011, vous savez, quand Arnaud Montebourg (entre les deux tours de la primaire) utilisait cette formule qui semblait tirée du Kamasutra « il faut (disait-il) que François Hollande fasse entrer sa cohérence dans la mienne ». On sait maintenant que l’acrobatie est douloureuse et improductive. Mais après tout, faire enfin trancher par plusieurs millions d’électeurs, ce débat entre les 2 gauches de gouvernement, débat que le PS n’a pas su (pas voulu) trancher pendant 10 ans d’opposition inutile entre 2002 et 2012 et 5 ans de pouvoir infructueux, voilà qui n’est peut-être pas une mauvaise idée. Seulement il ne peut pas s’agir du choix d’une ligne présidentielle pour 2017. C’est trop tard et les positions de chacun sont trop diamétralement opposées pour pouvoir constituer une majorité crédible dans 8 mois. Si primaire socialiste il y a, ce sera, de toute évidence, pour désigner celui qui sera le chef de l’opposition du prochain quinquennat et pour tracer les bases idéologiques de la gauche qu’il faut reconstruire pour 2022. A.Montebourg le sait bien. F.Hollande va s’en apercevoir (si ce n’est déjà fait). Voilà pourquoi il n’est pas certain du tout que le président puisse se lancer dans cette compétition… ni des primaires, ni de la présidentielle.

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