Vous revenez sur la hausse de la mortalité routière…

Oui,  après une baisse constante, le nombre de morts sur la route est en  augmentation. Plus 17% en février, plus 7% en mars… Les spécialistes  de la sécurité routière attribuent ce bilan pitoyable à deux facteurs :  le beau temps et la vitesse. Les cabines radars ont été détruites à 70%  par les gilets jaunes, ce qui crée un relâchement général. Si l’on  voulait provoquer, on demanderait des comptes  à ce mouvement pour les morts qu’il induit par son irresponsabilité.  Cet instrument qui ne plaît à personne a fait ses preuves (et  spectaculairement) en matière de mortalité routière. La destruction  en  masse de ces radars est le signe d’un abrutissement abyssal  d’une partie de ceux qui se disent Gilets Jaunes… En réalité, si l’on  se penche sur la question, on constate que le niveau de respect de la  sécurité routière (du moins dans nos pays très équipés) décrit le niveau  et la qualité de la civilisation… On ne respecte  pas le code de la route uniquement par peur du gendarme. Chacun d’entre  nous sait bien, et l’accepte, que sans normes, la route serait  impraticable… Et même si chacun d’entre nous enfreint ici et là ces  règles, il ne viendrait à l’idée de personne de les abolir.  S’il est un domaine pour lequel –paradoxalement- le haut niveau de  rigueur des règles n’est pas le signe d’une démocratie autoritaire,  c’est bien la sécurité routières. Les pays les plus intransigeants (et  aussi les plus civiques) en matière routière sont  les pays scandinaves, par ailleurs champions des libertés et de  nombreux standards démocratiques. La faiblesse des règles n’est pas  l’anarchie mais la loi du plus fort. D’ailleurs, Georges Brassens,  libertaire s’il en est, disait qu’il traversait toujours  dans les clous… et pas simplement pour ne pas avoir affaire aux condés…  

Mais s’agissant des radars, les Gilets jaunes dénoncent aussi le racket fiscal …

Oui…on  a d’ailleurs parlé de jacquerie. Alors j’endosse le vilain rôle du  défenseur du méchant système ! D’abord, depuis une dizaine  d’années, il n’y a plus de passe-droit. Tout le monde paie et se fait  retirer des points. Avoir un préfet, un élu ou un gendarme parmi ses  amis ne sert plus à rien !  Surtout, les radars en question sont tous  signalés en amont. Ils ne sont pas placés, contrairement  à une rumeur bien ancrée, là où ils peuvent rapporter le plus mais là  où la route est dangereuse. L’accidentologie le montre clairement : il y  a plus de morts  sur les routes droites, qui paraissent inoffensives  (et par beau temps !) que sur les routes sinueuses  qui paraissent dangereuses. L’accidentologie est une science parfois  contre-intuitive. Mais en ces temps de rupture de confiance, où l’on  fustige les spécialistes, la rumeur, la fausse évidence a plus de poids  que l’expertise. La voiture et son coût sont à  l’origine du mouvement des Gilets jaunes. Ce coût était devenu  insupportable pour la partie de la population prise au piège territorial  du tout-voiture et de l’injonction à la mobilité. Mais le radar n’est  pas la victime expiatoire de cette colère. Les vraies  victimes, ce sont les quelques  personnes en plus qui ont péri ces  derniers mois sur les routes.

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