En cette fin d’année 2016, le bulletin de santé du Parti Socialiste n’est pas rassurant…

Il a perdu toutes les élections intermédiaires, son nombre d’adhérents est en chute libre, quantité de parlementaires sortants ne préfèrent pas se représenter quand d’autres rejoignent Emmanuel Macron… La primaire ne semble pas aussi vivace qu’en 2011, son comité d’organisation table sur 1 à 2 millions de votants, moitié moins qu’il y a 5 ans... Le PS traverse donc une très mauvaise passe… Conjoncturelle, sans doute, mais aussi structurelle… Car il est le parti du Président de la République sortant…

Et alors, c’est embêtant d’être le parti du président sortant ?

Si l’on regarde 35 ans derrière nous, oui… 1981 : Giscard marginalise l’UDF, la campagne est dirigée depuis l’Elysée… L’élection est perdue, l’UDF ne pourra plus jamais dépasser le RPR et aucun centriste remporter la présidentielle…

1988 : Mitterrand l’emporte mais il met le PS devant le fait accompli en jouant « la France unie » et l’ouverture au centre… Le parti est spectateur et se déchire comme jamais deux ans après au congrès de Rennes… Il lui faut attendre 1997 pour remporter une législative et 2012 pour remporter une présidentielle…

2002 : Jacques Chirac saborde le parti qu’il a créé, le RPR disparaît fondu dans la nouvelle UMP… 2012 : la campagne de Nicolas Sarkozy se fait dans la tête de Patrick Buisson et pas pendant les conventions thématiques de l’UMP, 6 mois après sa défaite l’UMP se déchire dans le duel Fillon-Copé avant de sombrer dans l’affaire Bygmalion et ses surfacturations liées à la campagne… En 2014 le parti devient Les Républicains…

Quelle serait donc cette « malédiction » du parti du président ?

C’est l’esprit de la Vème République et ses institutions qui sont en cause… Pour un premier mandat le candidat vainqueur mène d'abord une campagne pour son camp : travailler plus pour gagner plus ou mon adversaire c'est la finance... Plein d'espoirs pour mener une diplomatie offensive... Mais pendant ce premier mandat la realpolitik, les contraintes budgétaires et les carcans bruxellois prennent souvent le dessus et les idéaux du parti du Président se retrouvent dilué dans l'exercice du pouvoir...

Pour un premier mandat, le candidat vainqueur est l’émanation d’un parti (ou d’une primaire) mais pour un deuxième mandat il doit se placer au-dessus du jeu partisan et politicien, ne pas descendre de son piedestal de père de la Nation, garant des institutions et chef des armées… Mécaniquement, son parti se retrouve marginalisé, presque méprisé, relisons les confidences de Nicolas Sarkozy en Guyane une soir de janvier 2012 ou celles de François Hollande auprès de Gérard Davet et Fabrice Lhomme...

Dernier élément qui gangrène le parti : la guerre de succession… Que le président sortant soit battu ou réélu, elle débute au lendemain du second tour de la présidentielle pour préparer l’élection suivante… Et bien souvent elle met le feu aux esprits et au parti...

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