Ce matin, vous évoquez les primaires, par lesquelles le PS et l’UMP veulent choisir leur candidats dans certaines grandes villes en vue des municipales de 2014, dont Paris…

Oui et c’est le formidable succès de la primaire de 2011 pour désigner François Hollande qui a installé cette nouvelle méthode dans la vie politique française. Ça aura été une technique efficace et incontestable d’adoubement du candidat d’un parti si prompt à se diviser. Le fait que ce soit une primaire ouverte à tous les inscrits sur des listes électorales a placé François Hollande sur des rails bien droits et solides pour l’élection. Donc la primaire « tout bénef » pour François Hollande s’imposera inévitablement pour l’UMP en 2017. En attendant, pour les municipales à Paris, ce que recherchent Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) et Anne Hidalgo (PS) est différent. Il y avait un suspens pour la désignation de François Hollande. Ce ne sera pas le cas lors des deux primaires parisiennes qui ne serviront pas à désigner NKM et Hidalgo (certaines de l’emporter) mais à valider ou à légitimer ces désignations. Pour l’UMP, la primaire fera office de sas de décontamination de l’image de parachutée de Nathalie Kosciusko-Morizet. Ce sera aussi, si chacun joue le jeu (ce qui, avec la droite parisienne, est loin d’être gagné d’avance), une façon de mettre au pas quelques baronnies d’arrondissements, jalouses de leurs fiefs imprenables de l’ouest parisien. En même temps, au vu des propos très violents qui s’échangent autour de la personnalité de Rachida Dati (l’autre éventuelle candidate à ces primaires) les risques de dérapages irrémédiables sont réels. Mais une primaire ouverte, gage de modernité, serait du meilleur effet pour une candidate estampillé UMP. Une estampille, qui ces derniers temps ne reflétaient vraiment pas la transparence démocratique !

Et le PS, a-t-il besoin vraiment d’une primaire à Paris ?

Une primaire aurait l’avantage stratégique de constituer un sas de décontamination, comme pour NKM, mais là pour laver l’image de la candidate héritière puisque Anne Hidalgo est le choix de Bertrand Delanoë. Seulement la primaire socialiste à Paris aurait sans doute plus d’inconvénients que d’avantages. Qui va s’intéresser à un duel Anne Hidalgo/Jean-Marie Le Guen ? La première est un peu connue, le second ne l’est pas du tout et leurs différences politiques sont absolument indéchiffrables pour ceux qui ne se passionnent pas pour l’histoire des courants du PS parisien depuis ces 10 dernières années ou qui ne maitrisent pas les méandres juridiques de l’édification du Grand Paris. La primaire, cette nouvelle méthode qui associe des citoyens en demande de participation et de démocratie horizontales ne devrait donc pas devenir systématique. L’utiliser pour des raisons détournées (sas de décontamination pour parachutés ou héritiers) serait la galvauder et la dénaturer. Imaginez des débats télévisés entre Nathalie Kosciusko-Morizet et Rachida Dati et surtout entre Anne Hidalgo et Jean-Marie Le Guen… voilà qui n’a vraiment pas de quoi passionner les foules parisiennes non militantes. Les candidats vont sans doute bientôt s’en apercevoir. Et je fais le pari ici, ce matin que, contrairement à ce que les deux partis continuent à affirmer, il n’y aura pas de primaire pour le PS et (j'en suis moins sûr mais je me lance)… il n’y en aura pas non plus pour l’UMP à Paris.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.