Vous revenez sur les déclarations de JL Mélenchon à propos de l’action de la Russie en Syrie. Il félicite les russes pour ce qu’ils y font !

Il les félicite pour avoir coupé la route de Daech vers le pétrole. Mais plus globalement il dit aussi approuver la campagne de Poutine en Syrie. Il estime que le président russe est celui qui va résoudre le problème Syrien. Mais l’aviation russe cible à 90% des zones non contrôlée par Daech. Elle bombarde des positions tenues par des rebelles hétéroclites, certes, mais qui luttent contre Daech et Bachar El Assad. Les russes pratiquent un carpet-bombing sans distinction. Ou plutôt si, en ciblant les civils, les hôpitaux pour créer une situation de chaos. Des centaines de milliers de réfugiés sont ainsi poussés vers la Turquie, et dans un deuxième temps, vers l’Europe, ce qui ne manquera pas de renforcer les amis nationalistes européens de Poutine. Comment Jean-Luc Mélenchon peut-il arriver à soutenir une telle logique? Sa grille de lecture s’inscrit dans la tradition d’une certaine gauche (de l’époque des blocs) qui réclamait la sortie la France de l’Otan pour que Paris retrouve une voix plus indépendante. Ça n’explique cependant pas ce qui ressemble à un alignement sur Moscou, comme à la pire époque de la cécité volontaire du PCF sur l’URSS.

Mais JL Mélenchon dit ne pas croire aux informations qui incriminent les russes dans le bombardement de l’hôpital de MSF, par exemple.

Et ça c’est le deuxième aspect de cette position incompréhensible. Sur le conspirationisme Mélenchon, a toujours été intraitable, là, pourtant, il a un discours scabreux. Il renvoie dos à dos (au mieux) l’information-propagande russe, qui provient d’un pays sans pluralisme de la presse et ou des journalistes sont en prison, et les informations des pays occidentaux, qui avec tous leurs défauts, expriment quand même un pluralisme réel. MSF, Human Rigths Watch, savent et disent que ce sont les russes qui bombardent les zones sans Daech mais densément peuplés de civils. Moscou s’en cache à peine d’ailleurs, Poutine avait fait la même chose en Tchétchénie. Mais JL Mélenchon préfère croire l’information russe ! C’est toujours facile et souvent abusif de comparer les positions du Front de Gauche et celles du FN. Sur l’Europe et l’Euro, la volonté du FG d’indépendance de la France n’est pas de la même facture que le nationalisme fermé et « ethniciste » du FN. Mais sur la Russie, si l’on comprend le cousinage politique de Vladimir Poutine et Marine Le Pen, on est bien en peine de trouver des différences entre les positions du FG et du FN. Comme si l’anti américanisme de JL Mélenchon l’aveuglait. Exactement comme quand il disait que Vladimir Poutine était la première victime de l’assassinat de l’opposant Boris Nemtsof. D’ailleurs, hier, il traitait ceux qui critiquaient sa position pro-russes, de petits soldats de l’Amérique ! Mais de quelle Amérique ? Celle de Barak Obama qui se désengage du proche Orient ? Celle de Bernie Sanders, et de son non-interventionnisme pacifiste ? Ou celle de Donald Trump qui, comme lui, soutient Vladimir Poutine ? Que peut trouver l’universaliste Mélenchon à Poutine, l’identitaire chrétien, promoteur d’une Eurasie blanche ? Ce mystère trouble jusqu’au sein même de la direction du FG.

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