Ce matin vous vous intéressez aux électeurs socialistes mainstream.

Oui, on peut se demander ce qu’il advient de cette partie de l’électorat de gauche qui doit se sentir un peu désemparée et oubliée par les temps qui courent. Vous savez, cet électorat habituel du PS, celui qui n’est pas particulièrement frondeur, qui place sa confiance en B.Cazeneuve, en F.Hollande (il en reste !) ou du moins en cette partie de la gauche modérée, social-démocrate, celle qui assume le pouvoir, ses aléas et ses contraintes. Cet électorat-là, visiblement, ne retrouve pas chez Hamon la culture de gouvernement que le PS a mis si longtemps à embrasser. On peut regretter l’abandon d’un certain romantisme, ou d’une ambition véritablement transformatrice chez les gouvernants socialistes, on peut qualifier cette modération acquise au contact du pouvoir, de trahison, de dérive, on peut, au contraire louer l’adéquation, enfin réalisée, entre un discours et une action, tous deux pondérés… quoi qu’il en soit c’est cette gauche-là qui gouverne et elle a encore ses partisans. B.Hamon veut moderniser le socialisme démocratique, lui faire franchir l’étape de l’impératif environnemental, de la transformation du travail dans le monde numérique, mais pour le sympathisant socialiste mainstream, Hamon (vu l’apathie de sa dynamique) est l’incarnation de ce retour du décalage entre discours et action. Le fait qu’on ait pu analyser (même s’il n’y aura pas accord) qu’il y a une proximité programmatique entre Melenchon, l’un des opposants les plus virulents du quinquennat, et Hamon, place ce dernier hors du champ des socialistes mainstream.

Les socialistes maintream qui ne se tournent pas non plus en masse vers E.Macron…

Non…pas en masse. C’est peut-être trop tôt, ou alors, tout simplement E.Macron est-il trop excentré vers la droite ou trop nébuleux pour être le réceptacle évident des socialistes mainstream en déshérence. Toujours est-il que nous sommes dans une période (je parle de ces quelques jours à deux mois du scrutin), une période de flottement très risquée et pour B.Hamon et E.Macron. Ils ne captent pas cet électorat, ces 10 à 20%, ce marais de la gauche modérée qui n’arrivent pas à se décider malgré la menace Le Pen et la solidité du socle de F.Fillon. Hamon, pour ne pas laisser trop d’espace à un Mélenchon énergique et imaginatif, cultive une forme de radicalité, celle qui lui a fait gagner la primaire. Macron entretient, de son côté, sa différence critique vis-à-vis de la politique gouvernementale, pour justifier aussi sa démarche parallèle, en marge plus qu’en marche. De ce fait -et c’est une situation inédite- personne dans cette campagne ne représente la politique qui est menée depuis 5 ans ! Bien sûr, c’est la fin, les ministres sont en train de recaser leurs collaborateurs et se préparent à éteindre la lumière en silence. Quelques images au 20 heures, quelques brèves dans les journaux, nous rappellent, au milieu du tumulte de la campagne, que F.Hollande est encore président. Pourtant ni B.Hamon, ni E.Macron n’ont de chance de passer le cap du 1ertour sans prendre en compte ces socialistes mainstream qui sont toujours là ! Qu’on ne peut pas éliminer comme l’ont été leurs candidats naturels F.Hollande et M.Valls.

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