Le Tribunal Administratif annule l’arrêté municipal qui interdit les voies sur berges rive droite aux voitures…

Oui c’est un revers pour Anne Hidalgo. On n’imagine pas cependant le juge administratif évaluer le contenu d’une étude d’impact et décider de l’opportunité ou pas de réduire la place de la voiture en ville… Ce qui laisse pas mal d’espoir à la municipalité pour la suite de la procédure jusqu’au Conseil d’Etat. Faisons un peu de géolocalisation pour nos auditeurs non franciliens qui peuvent commencer à s’agacer de la place que prend cette polémique pour une route de 3,2 kilomètres  –sur les 1200 que compte Paris ! Un axe pour pas grand monde mais qui fait parler de lui parce qu’il concerne quasiment tous ceux qui font -sinon l’opinion- du moins le bruit médiatique. Fermer cette voie serait –d’après eux- une lubie de bobos privilégiés (nous y voilà) qui pénaliserait les banlieusards laborieux… 

Et ce n’est pas vrai ?

Non, c’est l’inverse. Une étude, de la voirie établie que 20% seulement des usagés des quais habitai entreprises en grande banlieue et que plus de 70% des conducteurs étaient CSP+, seuls à bord. Plus de 50% des véhicules étaient immatriculés 75 alors que 6 parisiens sur 10 n’ont pas de voiture. Donc socialement, cette fermeture n’a aucun impact, rappelons qu’il y a 10 millions de voyages par jour en métro, bus et tramway… 80% des banlieusards  viennent à Paris en transports en commun. Les voies sur berges étaient un axe qui irriguait le centre-ville en véhicules particuliers conduits très majoritairement par des conducteurs seuls, aisés qui auraient un accès facile aux transports en commun ! Il parait évident (mécanique des fluides oblige) que c’est à eux qu’il convient de demander un petit effort pour réduire le nombre de voitures dans Paris. Mais fermer un grand axe de circulation crée, pendant quelques mois (le temps de prendre de nouvelles habitudes), plus d’embouteillages sur d’autres axes et l’impression que la mesure est contre-productive. L’expérience de la fermeture de la voie rive gauche, il y a quelques années, prouve en réalité que ça marche. D’ailleurs personne ne demande plus sa réouverture. Anne Hidalgo fait un pari. La grogne est inévitable puisque sa stratégie (à l’inverse de Londres qui a mis en place un péage, pour le coup antisocial) c’est de dégouter les automobilistes. Ça passe donc par une phase d’énervement de la minorité de Franciliens -socialement audible et puissante - qui prend sa voiture. Puis viendra le temps de l’évidence : la ville débarrassée des voitures de ceux qui le peuvent sera plus fluide pour les professionnels en véhicules propres, les transports en commun et les taxis plus rapides et donc moins chers, comme partout, en Europe, où l’on a réduit l’accès aux voitures individuelles. C’est un mouvement mondial qui passe par des contraintes pour certains, et des solutions alternatives –c’est vrai- tâtonnantes et plus ou moins efficaces… Si la voie rive-droite rouvre un jour, je promets un édito en crescendos et decrescendos syllabiques sur les bienfaits de la voiture sous le pont Mirabeau ! 

   

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