Ces jours-ci, "le roi n'est pas son cousin" à François Bayrou ! Imaginez un peu... Il y a quelques semaines, un sondage lui a tout à coup octroyé un score à 2 chiffres pour la prochaine présidentielle. Déjà, le candidat UDF avait voulu y voir la confirmation de la justesse de sa campagne. La semaine dernière, nouveau coup de théâtre sondagier : le baromètre Ifop/Paris Match place François Bayrou à 12% d'intentions de vote, contre 10 à Jean-Marie Le Pen ! Cette fois c'est fait, virtuellement au moins, il est le 3ème homme ! Depuis, d'autres sondages l'ont fait trébucher de la marche, mais qu'importe. Comment François Bayrou s'est-il hissé jusque là ? Avec une idée de génie, une seule pour l'instant, mais après tout, d'autres ont gagné avant lui une élection sur une seule formule. Le "ni droite ni gauche" ne suffisant plus à marquer sa différence, sa trouvaille : déclarer la guerre aux medias dominants et dénoncer le rapt médiatique sur la campagne. Sus donc aux horribles puissances de l'argent qui se confondent avec les puissances de l'info, qui veulent imposer le duo Ségo/Sarko. En une formule, en un combat mené notamment contre TF1 et la blondeur candide de Claire Chazal un dimanche soir à 20H, François Bayrou est devenu le candidat de l'anti établissement. Il est aujourd'hui le petit qui se bat contre les gros, il est à lui tout seul le peuple contre les élites. Médiatiques, politiques, financières, l'amalgame est un peu vite fait mais à l'heure où l'on admire les Don Quichotte, l'important est de se battre ! Curieuse inversion, curieux retournement ; François Bayrou incarne aujourd'hui le centrisme révolutionnaire ou l'extrême centre, quand le vieux lion de l'extrême droite française, candidat éternel estampillé "anti-système", Jean-Marie le Pen se targue lui d'être un homme de centre droit ! Une drôle de stratégie en ciseaux mais qui semble porter ses fruits ; qu'importe le fait qu'il ne semble guère porter autre chose pour l'instant, que ce que le centre a toujours proposé, libéral et social, Europe et décentralisation, le résultat est là : le candidat UDF s'est glissé dans l'interstice des deux gros candidats. Alors va-t-il parvenir finalement à incarner le vote protestataire républicain, en piquant le fond de commerce électoral de celui qui a longtemps incarné le vote protestataire extrêmiste, ou va-t-il infléchir sa campagne pour recueillir les déjà-déçus du Ségolénisme ? En tout cas, si certains élus UDF doutent de son pari et craignent sa "chevènementisation" (partir à 15, finir à 5), quelques-uns sont d'ailleurs sur le point de déserter, lui, François Bayrou y croit. A 3 mois jour pour jour du premier tour de la présidentielle, sa devise en étendard, "ce qui doit arriver ne peut pas manquer", il a la foi indéniablement. Il ne lui manque plus que les voix.

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