**L’affaire de la double rémunération d’Henri Proglio prend fin.C’est la fin d’un « cafouillage » gouvernemental. Nous avions la ministre de l’économie qui était obligée de se contredire en défendant l’idée, avant-hier, devant les parlementaires, qu’une double rémunération ce n’était pas anormal. La ministre de l’économie avait dit le contraire quelques semaines plus tôt en affirmant qu’il n’y aurait pas double rémunération ! Christine Lagarde se retrouvait dans une situation d’autant plus absurde qu’au départ elle n’était pas favorable à ce qu’Henri Proglio devienne patron d’EDF. C’est une décision de Nicolas Sarkozy. Mais tout était absurde depuis le début dans cette affaire ! N’est il pas absurde de diriger deux sociétés, l’une privée, chargée de faire des bénéfices pour des actionnaires et l’autre publique, chargée de produire et d’acheminer l’électricité dans les foyers et les entreprises françaises. Veolia et EDF sont clients l’un de l’autre pour des prestations différentes et peuvent même être concurrents sur certains marchés…Vers quels intérêts vont pencher les préférences du patron bicéphal, vers ceux des actionnaires de Veolia ou ceux des usagers d’EDF ? A moins que l’on dise qu’il faut fusionner les deux entreprises, ce qui n’est pas le cas? C’est tellement absurde que cette situation n’existe dans aucun autre pays ! Revenons au cafouillage politique. Un ministre qui se contredit pendant qu’un autre, Christian Estrosi, explique que sa collègue de l’économie ne se contredit pas mais a changé d’avis. Et pendant ce temps là, le patron des parlementaires de la majorité (vous l’avez entendu hier matin à ce micro) Jean-François Copé qui, lui ne trouve rien à redire à ce double salaire et pense même, (c’est tout à son honneur d’ailleurs) qu’il ne faut pas être hypocrite et assumer cette opinion. Jean-François Copé ce matin est obligé de saluer le renoncement du patron dont il disait hier que la double rémunération n’était pas scandaleuse… Le double salaire n’existe plus, le problème est donc réglé !Le problème symbolique oui. Nicolas Sarkozy a fait pression et a eu raison parce que le résultat de cette pression met en conformité la réalité avec la promesse de Christine Lagarde. (Entre parenthèse si c’est Nicolas Sarkozy qui règle le problème, c’est lui qui l’avais créé… mais, la cellule opinion de l’Elysée a fini par s’apercevoir –comme pour l’affaire Jean Sarkozy-ce que tous ceux qui vivent hors des murs de l’Elysée savaient depuis plusieurs jours : le double salaire, ça ne passe pas) Il s’agit de la relation entre le « dire et le faire » qui connaît quelques distorsions depuis le début du quinquennat. La question politique, symbolique est donc réglée. Si elle ne l’avait pas été le président n’aurait pas pu continué à tenir le discours de la moralisation du capitalisme qu’il tient depuis le début de cette crise. Il est certain que lundi, à la télévision Nicolas Sarkozy va aborder le thème des rémunérations des dirigeants. Il aurait été parfaitement inaudible sans le renoncement d’Henri Proglio. Donc le problème politique est traité, en retard, après cafouillage mais il est traité. Il reste bien sur le plus important, le mélange des genres public/ privé, il faudra que le président rassure sur cette question mais c’est un problème complexe, dont les implications sont très difficiles à vulgariser. L’opinion se scandalise plus facilement pour une rémunération outrancière que d’une construction juridique et industrielle scabreuse. Et la forme de l’émission au cours de laquelle devrait s’exprimer le chef de l’Etat lundi, à base de témoignages et de questions de téléspectateurs, n’est pas faite du tout pour entrer dans cette complexité.**

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