F.Hollande pourrait finalement participer à la primaire de la gauche, disent les proches du président. Qu’est-ce qui a changé ces derniers jours ?

Rien, la primaire de toute la gauche reste plutôt improbable et au fond, F.Hollande n’en a pas du tout envie mais, il a décidé qu’il était de bonne tactique de faire semblant de s’y rallier. Simplement parce que la primaire installe l’idée très utile à F.Hollande selon laquelle il doit n’y avoir qu’un candidat de toute la gauche en 2017. JL Mélenchon -principal opposant de gauche au président- ayant décidé de ne pas se présenter à la primaire s’il y a F.Hollande- se retrouverait en dissident d’un processus qui serait accepté par le PC, EELV, les radicaux et le PS. Et tant que le président reste flou (ce qu’il sait très bien faire) sur ses intentions pour 2017, aucun socialiste d’envergure (hormis peut-être A.Montebourg, mais pour l’instant il est occupé à vendre des placards), aucun socialiste, donc, ne peut décemment se déclarer candidat potentiel. Les promoteurs de la primaire qui voulaient, en lançant leur pétition, signifier au président qu’il n’est pas le bienvenu, s’aperçoivent que leur idée, loin de lui nuire, lui est utile. Ils ont oublié que F.Hollande a tout appris dans l’ombre de F.Mitterrand.

Mais s’il a intérêt à laisser penser qu’une primaire est envisageable, celle-ci risque de finir par arriver !

Eventuellement, mais si F.Hollande continue à laisser penser qu’il peut y participer, il faudra d’abord que tous les partis de gauche qui veulent l’organiser se mettent d’accord et ensuite, le calendrier sera forcément tardif, début 2017. Cette primaire, dès lors, n’opposerait que des candidats secondaires à F.Hollande –Valls, Macron, Aubry ne concourront pas contre le président. Celui-ci ne ferait pas vraiment campagne dans le cadre d’un scrutin partisan (puisque il est président de tous les Français). Ce serait donc une primaire purement formelle, de validation de sa candidature à sa réélection (comme les primaires invisibles des présidents américains pour leur 2nd mandat). Voilà en tout cas le scénario rêvé des Hollandais qui plaident pour la primaire… ceux-là ne veulent pas voir que, pour l’instant, les électeurs n’ont pas du tout envie de se retrouver, en 2017, avec les protagonistes de 2012. Mais ce qu’il faut à la gauche et la qualité du débat politique, en fait –et peu importe le cadre de la compétition, primaire, convention thématique, ou 1ertour de la présidentielle- c’est enfin un vrai débat pour trancher ses orientations. Les socialistes (avec ou sans Hollande) ont besoin de choisir entre la ligne Macron et la ligne des frondeurs. D’un point de vue économique, le débat le plus intéressant, le plus utile, opposerait par exemple M.Aubry à E.Macron. F.Hollande, lui, est toujours dans un entre-deux qui, pour l’instant du moins, ne donne pas les résultats escomptés. Cet entre-deux ne ressemble pas à une ligne claire mais à la synthèse politique de deux lignes économiques. Synthèse parfaite pour remporter un congrès, éventuellement une élection, mais impraticable pour gouverner. F.Hollande peut-il embrasser pleinement l’une de ces deux positions ? Cette question est plus déterminante pour l’avenir, devenu très hypothétique, de la gauche, que la question du passage par les primaires ou pas.

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