Avec Olivier Faure, le président du groupe socialiste à l’Assemblée qui fait figure de favori.

Ancien hollandais mais compatible avec la gauche d’un PS qui, de toute façon, n’a plus de boussole. Au-delà de la compétition, c’est bien la pertinence de l’existence du PS qui est en jeu. Où en est-il aujourd’hui ? Son encéphalogramme idéologique est plat, mais au jour le jour, le PS gère toujours les plus grandes villes dont la capitale, 5 des 12 régions et de nombreux départements. Et ses élus locaux sont plutôt appréciés. Le PS est donc un gros canard sans tête (l’inverse de LREM qui n’a qu’une tête et pas de corps). La désignation du chef donnera au PS une tête mais pas encore d’idées. La social-démocratie est à réinventer. Dans les pays du Nord (et en Allemagne) où elle a été théorisée, elle s’appuyait sur de puissants syndicats et un monde du travail structuré. La gauche française, dite de gouvernement, avait fait son coming-out social-démocrate sur le tard. Et c’est quand elle a fini par accepter ce terme (vainement revendiqué par le passé par Pierre Mauroy puis Michel Rocard) qu’elle s’est aperçue qu’en France, la social-démocratie était manchote, avec des syndicats résiduels, protestataires et un patronat jaloux de son pouvoir et miné par une sorte de méfiance de classe. Mais la mondialisation a brisé le cadre des compromis sociaux-démocrates.  La France (avec sa forme d’Etat providence) n’échappe pas au vent qui balaie la social-démocratie. La formule de Jacques Delors selon laquelle la social-démocratie c’est : " la recherche de compromis entre le Capital et le Travail, le Marché et l'Etat, la Liberté et la Solidarité", semble désormais abstraite. 

Le travail, ça reste quand même la valeur cardinale de la gauche, non ?

Oui mais le problème c’est que ce n’est plus le travail qui crée le plus de richesse. Le travail est tellement déstructuré, morcelé, éclaté, qu’il faut le redéfinir pour renouveler la gauche elle-même. C’est d’ailleurs ce qu’ont dit, chacun à leur manière, Mélenchon, Hamon et Macron (même si ce dernier ne prétend pas rénover la gauche mais la dépasser). Mélenchon estime que le monde tel qu’il va n’empêche pas la préservation des droits acquis, Hamon, avec le revenu universel, estime qu’il faut déconnecter  travail et revenu, et Macron prône une économie fluide, où alterneraient formation et travail via de la flex-sécurité. Pour l’instant, de l’action macronienne, on ne voit que la flexibilité, pas la sécurité ! Ce qui devrait laisser au PS un espace pour promouvoir ses solutions. C’est ce qu’avait commencé à faire Benoit Hamon. Il n’est plus au PS. Il faut dire que son parti, habitué aux synthèses molles plus qu’à l’audace théorique, n’avait pas été d’une grande aide pour le candidat. Est-ce que cela veut dire qu’il est lui-même, le PS, seulement préoccupé par sa survie en tant qu’appareil,  devenu un frein au renouveau de la gauche et de ses idées? On pourra en juger en observant la qualité du débat aprés la désignation du patron du parti crée en 1971… Là, vu de cette fin janvier 2018… j’ai comme un doute !

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