Que dire de l’attitude des politiques face au naufrage de l’équipe de France de foot ?Le gouvernement d’abord, prompt à récupérer une partie de la popularité de ce sport quand tout va bien ne peut pas s’en désintéresser quand tout va à volo. C’est une question très compliquée à appréhender pour l’exécutif parce que le foot est une passion française, parce que la coupe du monde, l’équipe de France ont un impact économique, parce que c’est un sport pratiqué par 2 millions de licenciés, que tous les petits garçon français dans toutes les cours de récré s’y adonnent, parce que si la fédération française de foot est une organisation indépendante du pouvoir, c’est aussi une organisation agréée, qui est détentrice d’une délégation de service public. Donc le gouvernement est fondé à s’occuper de ce qui ce passe. Roselyne Bachelot est retournée en Afrique du sud à la demande du président, qui, n’en doutant pas doit être pendu au téléphone avec elle sur cette question. Depuis Dimanche c’est une sorte de Super Nanny qui fait pleurer les joueurs, tente de remettre ces mauvais garçons dans le droit chemin, de sauver ce qui peut l’être avant un grand ménage annoncé…on avait l’impression qu’elle allait elle même nous dévoiler la composition de l’équipe et son système de jeu, on s’attend à la voir, cet après midi en survêtement au bord du terrain. C’est à la fois un peu ridicule et certainement nécessaire…au moins ça se passe au niveau du ministre des sports…l’année dernière encore, quand le président était sur un mode hyperactif, il aurait sans doute multiplié les déclarations lui-même, là fort heureusement, il reste en retrait… Ne nous moquons pas, le ton juste est assez délicat à trouver et Roselyne Bachelot s’en est pas trop mal sortie même si on peut quand même se demander si tout ça ne donne une tournure d’affaire d’Etat à un naufrage d’une fédération frileuse et incapable. Roselyne Bachelot a parlé de « désastre moral » !Oui mais on sent maintenant que les joueurs passent du statu d’irresponsables égoïstes et plein de fric à celui de gamins grandit trop vite au sein d’une institution sportive incompétente… Il y a eu 24 heures d’indignation légitimes mais peut être aussi sur dimensionnées. Il y a beaucoup de choses surdimensionnées dans le foot…La faute originelle c’est le surinvestissement politique et la récupération des victoires, c’est la surcharge de symboles dont on a affublé la victoire de 98. Il y a certainement une grande partie des français (plus importante qu’on ne le pense) qui ne se sent pas du tout, ou plus du tout concernée par le psychodrame que ce sport impose à la France. Plus globalement, si l’on a surchargé le foot de symboles positifs en 98, il ne faudrait pas que le monde politique et intellectuel (et sans doute médiatique) surcharge aujourd’hui le foot de symboles négatifs et sombres dans la sociologie de cuisine, tire trop vite des conclusions sur l’état de la France, des banlieues, de l’éducation. Pourquoi faudrait-il que la France soit à l’image de ce groupe désastreux ? Hier, Alain Finkielkraut disait qu’il voyait dans cette équipe l’esprit des cités. Mais si l’équipe de France est composée, en majorité –c’est vrai- d’enfants des cités, la plupart d’entre eux en ont été extraits au moment de leur adolescence. Ils ont fait une grande partie de leurs études secondaires dans les centres de formation de la fédération française de foot, c’est là qu’ils sont devenus des hommes, ce sont donc les instances du foot français qui sont bien plus responsables que les cités elles mêmes, de la mentalité et même du niveau de formation et de culture des joueurs qu’elle cornaque et gave depuis les plus jeunes âges. Il serait peut-être temps de redescendre sur terre. De mettre les instances fédérales de foot qui ont une mission de service public devant leur responsabilités… et puis…Il s’agit de foot, que de foot! Vous vous souvenez ? Un jeu, avec un ballon et des grands garçons en short qui courent après !

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