Ce matin… L’écologie : une idée qui peut être consensuelle et réunir la droite et la gauche.

L’écologie peut, et devrait, devenir une matrice pour la gauche comme pour la droite. Maintenant qu’il devient acquis que l’écologie n’est pas une option politique parmi d’autres. Elle n’est pas à mettre en concurrence avec une autre idéologie puisque ce n’est pas un choix mais une nécessité. Le vrai TINA, « there is no alternative », n’est pas financier, budgétaire, comme ont longtemps voulu nous le faire croire les tenants du libéralisme, qui estimaient que leurs vues ne faisaient que refléter la nature même des rapports humains, donc la fin de la politique et même de l’histoire. Mais l’écologie, cette nécessité vitale, n’enferme pas dans une seule vision du monde. La droite, comme la gauche, peuvent proposer des solutions qui leur sont propres, puisées dans leur culture, leur histoire, et qui correspondent à leurs aspirations profondes. Un jour, on contestera peut-être même aux écologistes le droit de s’appeler « Écologistes » et de capter cette vision commune, comme on conteste à l’ex-UMP le fait de s’appeler « Les Républicains » ! L’écologie, comme matrice de la politique, peut d’ailleurs suivre le parcours de l’idée républicaine…La droite n’est devenue parfaitement républicaine tout en restant la droite qu’après la Seconde guerre mondiale… Il faudra bien qu’elle devienne écologiste, comme la gauche tente de le devenir.

Pour la gauche, on perçoit plus facilement le cousinage quand même.

Oui, la transition écologique suppose des transformations des rapports sociaux plus compatibles avec l’idée d’égalité. L’écologie n’est plus vécue comme une régression mais comme un progrès humain et technique. L’écologie a maintenant l’image de la modernité, du progressisme. Mais la droite peut aussi trouver dans son aspiration au conservatisme les raisons d’être écologiste. La nécessité de préservation, au-delà de la seule nature. Ça commence doucement. Il suffit de lire Le Figaro de vendredi dernier, après l’encyclique du Pape François. Ses arguments étaient commentés positivement. Les mêmes arguments qui étaient fustigés quand ils étaient développés par les écologistes. Le climato-scepticisme recule, par à-coups, lentement mais il recule. La gauche et la droite vont donc un jour devenir, chacun avec leur couleur, des écolos. Mais pour ça, encore faudrait-il que l’une et l’autre se débarrassent de certains dogmes. La lutte des classes (à gauche) est incompatible avec la construction d’une économie responsable. C’est de la recherche d’accord, de contrat, de compromis, dont la préservation de l’environnement a besoin, plutôt que de rapport de forces frontaux. A droite, il va falloir (et ce sera plus dur) commencer à considérer que la compétition ne résout pas tout et tempérer le « Enrichissez-vous » de François Guizot, qui fonde tout l’état d’esprit industrieux. C’est donc à deux révolutions intérieures que sont appelées droite et gauche afin de vraiment mettre leurs actes de demain en cohérence avec leur parole écolo d’aujourd’hui .

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