La campagne pour les élections législatives a débuté hier…

Oui, au moment où le débat politique, ceux qui l’animent dans chaque parti, (et peut-être aussi un peu ceux qui le commentent) auraient un peu besoin de souffler… Eh bien c’est reparti ! Le quinquennat a institutionnalisé cette série de quatre tours de scrutin qui crée un tunnel politique de six mois… Mais les législatives qui marquent la fin de cette séquence traduisent aussi une baisse de la participation et une usure du débat. Il serait sans doute souhaitable de coupler la présidentielle aux législatives, ce qui nous épargnerait aussi cette période absurde de 40 jours, pendant laquelle nous avons un gouvernement d’une certaine couleur, qui procède du président élu et une assemblée, d’une autre couleur, qui de toute façon ne siège pas et devant laquelle le gouvernement est censé être responsable… Généralement le corps électoral corrige vite cette incohérence. La logique veut donc que les élections des 10 et 17 juin donnent une majorité à François Hollande. Le nouveau Président est arrivé en tête au second tour dans 327 circonscriptions sur 577 et Nicolas Sarkozy dépassait les 50% dans 250 circonscriptions… Pour avoir la majorité absolue des sièges il faut avoir 289 députés. Il y a 20 députés communistes et apparentés sortants, la plupart retrouveront leur siège et les écologistes peuvent espérer, grâce à l’accord qu’ils ont passé avec les socialistes, entre 15 et 20 députés au soir du dimanche 17 juin. Tous ces chiffres en vrac disent une chose : le PS peut espérer raisonnablement atteindre la majorité absolue à lui tout seul.

Est-ce que ça veut dire que le PS serait en situation hégémonique ?

Si les socialistes sont à eux seuls majoritaires, effectivement, ils seront aux commandes de toutes les manettes du pays. Voilà pourquoi, pour contrecarrer cette impression d’hyper puissance qui pourrait se retourner contre lui au cours de la législature, le PS tient tant à son accord avec les écologistes, malgré leur très faible score à la présidentielle et avec les radicaux de gauche qui n’existent encore que parce que le parti socialiste en a décidé ainsi… Un accord de gouvernement avec le Front de gauche paraît impossible et serait d’ailleurs parfaitement malhonnête en l’état actuel des positions de chacun. François Hollande estime que la France doit atteindre l’équilibre budgétaire en 2017, le Front de gauche considère que cet objectif et les moyens utilisés pour l’atteindre n’ont aucun sens… ils ne peuvent donc pas – pour l’instant- gouverner ensemble. Mais Jean-Luc Mélenchon l’a rappelé dimanche soir sur France Inter , solidarité de gauche oblige, il ne votera jamais une motion de censure déposée par la droite. Le Parti socialiste peut donc aborder ce scrutin avec une certaine confiance. L’UMP va utiliser un argument qui ne marche pourtant jamais : le risque d’hégémonie. C’est un argument traditionnellement inefficace mais qui n’est pourtant pas sans valeur ! Le PS peut être fin juin, pour la première fois à la tête du Parlement dans son ensemble, c’est à dire des deux assemblées, de toutes les régions sauf une, de la quasi-totalité des grandes villes et de 65% des départements ! Ce serait alors au PS de contrebalancer cette hyperpuissance, non pas simplement par des accords avec des partis satellites et dépendants mais par une pratique du pouvoir ouverte et transparente. Bref, par la rupture totale avec ce qui se fait traditionnellement dans le cadre de cette république aux forts accents monarchiques, depuis 1958.

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