**La gauche et les écologistes ont donc gagné ces élections… Que vont-ils faire de cette victoire ?He bien en dehors de continuer à diriger la quasi-totalité des régions françaises, la gauche va tenter de ne pas rééditer le formidable gâchis de 2004/2007. victoire éclatante aux Régionales de 2004, défaite éclatante à la présidentielle de 2007. Ça se joue, à l’intérieur du PS, à l’intérieur d’Europe écologie et ça se joue dans le rapport de ces deux formations politiques. Bon, à l’intérieur du PS, on l’a déjà décrit par le menu, il y a la question du leadership, Martine Aubry est renforcée par ce succès, Ségolène Royal a réussi un très beau score dans sa région. On connaît l’équation, le projet des primaires. Ce peut être très simple ou très conflictuel, on verra, ce n’est pas, à priori ce qu’il y a de plus exaltant dans la vie politique de la gauche de ces prochains mois. En revanche, du coté des écologistes il va se passer des choses, sans doute plus explosives, destructrices ou créatrices. Daniel Cohn-Bendit, lance son nouvel appel du 22 mars ce matin dans Libération. C’est du Cohn-Bendit pur jus, à la fois enthousiasmant et nébuleux, visionnaire, ouvert et légèrement foutraque. Dany le vert veut pérenniser Europe-Ecologie, en faire une sorte de coopérative politique, donner à l’écologie politique une nouvelle organisation dont les contours sont encore assez flous mais qui ne devrait pas ressembler à un parti politique classique. Les verts, c'est-à-dire, le parti politique classique, incarnerait l’enfance et l’immaturité de l’écologie politique qu’il faudrait dépasser. Pour l’instant, vous le voyez ce n’est pas limpide mais cet appel et d’autres appels qui vont suivre dans les prochains jours, notamment des parlementaires écologistes, vont dans ce sens, avec, en toile de fond, l’idée de peser fortement dans les négociations à venir avec le Parti Socialiste et incarner la modernité face à lui pour participer à l’élaboration d’une plate forme de gouvernement. Alors vous l’avez compris, cette idée suggère que les écologistes finissent, avant 2012 par s’allier avec les socialistes pour ne présenter qu’un candidat incarnant ce que Martine Aubry a appelé déjà la « gauche solidaire ». Ce qui nous amène à la question des rapports entre les écologistes et le PS. Oui, le poids des écologistes est parfait pour les socialistes : Assez fort pour composer (avec les 6% du Front de Gauche) une opposition hyperpuissante, pas assez fort pour trop prétendre au sein de cette opposition. Et surtout, pour la première fois le principal partenaire du Parti socialiste n’est pas plus à gauche que lui, pas moins non plus, ce n’est pas vraiment définissable mais ce qui est sur c’est que les écologistes, contrairement au PC du vingtième siècle, ne pousseront pas le PS à une surenchère sociale, à un toujours plus. Les Ecologistes (et Europe Ecologie, plus que les verts) offrent au PS, en quelque sorte, une radicalité « pas chère ! ». Les caisses sont vides, il faudra faire des choix dans les promesses pour 2012 et c’est plus facile de faire le tri sélectif (des promesses) avec des écologistes qu’avec une aile gauche puissante et revendicatrice. En revanche il y a le nucléaire et la définition de la croissance. Voilà des sujets de clivages, des sujets de fonds, potentiellement conflictuels qui ne pourront pas se résoudre entre deux tours d’une élection présidentielle. Voilà pourquoi l’initiative de Daniel Cohn-Bendit, même si elle reste un peu évasive, est une bonne nouvelle pour le PS.**

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