« Fin de règne » dit l’opposition. On en est là ?

Ça y ressemble. Nos institutions, avec le président et le Premier ministre, créent une sorte d’hydre à deux têtes. Mais là, le corps de la bête et ses deux cerveaux ne sont plus reliés. Rendez-vous compte, le patron du PS somme les responsables de son parti de se prononcer pour ou contre le président. Déjà, en soit, c’est le signe d’une grave perte de crédit du chef de l’Etat auprès des siens. Mais le plus cruel (et pour JC Cambadelis et pour François Hollande) c’est que personne ne répond ! Le président vient d’échouer gravement à faire adopter une mesure symbolique d’union nationale (la déchéance de nationalité). Mesure qui aura ligué son parti contre lui et plongé ses militants dans la plus grande expectative. Sans parler de la loi El Kohmri, si loin de que ce que croyaient défendre ceux qui se sont engagés en politique pour la gauche ces dernières années. En plus du texte réquisitoire de Martine Aubry, François Hollande se voit contesté par tous ses anciens ministres : Benoit Hamon envisage de se présenter contre lui dans une éventuelle primaire, à laquelle François Hollande ne pourra vraisemblablement plus échapper, alors qu’obliger un président de la République sortant à concourir dans un scrutin partisan est absolument contraire à l’esprit des institutions. Mais surtout Benoit Hamon, interprétant la pensée d’un grand nombre de socialistes, parle, vous l’avez entendu hier à ce micro, de la France et de sa place en Europe (domaine pour lequel François Hollande était jusqu’ici épargné) comme, je cite d’un « nain politique ». Si ces mots avaient été de Nicolas Sarkozy on les aurait trouvé injustes, revanchards. Même Fleur Pèlerin, qui, lorsqu’elle était ministre, n’avait officiellement, (solidarité gouvernementale oblige) aucun différend avec le président, évoque maintenant la déchéance de nationalité en des termes très sévères. Ça en dit long sur ce que pensent en réalité les ministres. Ne parlons pas de Christiane Taubira, Arnaud Montebourg ou Aurélie Filippetti. Tous parlent (off ou non) du président, et du premier ministre en véritables opposants.

Pendant ce temps-là, Manuel Valls fait le constat de la mort de son parti !

Oui, sa déclaration est passée assez inaperçue mais il s’agit bien d’un acte de décès publié par Manuel Valls le weekend dernier. Le premier ministre qui, rappelons-le, est, de par ses fonctions, le chef de la majorité. Il a dit, évoquant le congrès fondateur du PS de 1971, je cite « le cycle du parti d’Epernay est derrière nous», avant d’appeler à une autre philosophie, en travaillant, je cite encore, « à une nouvelle maison commune de tous les progressistes ». Manuel Valls dézingue aussi en creux, mais sévèrement, le président en faisant cet imparable constat, je cite toujours : « nous préparons mal la conquête du pouvoir, et confrontés à son exercice, nous ne l’expliquons pas ». Il reproche – ou je ne m’y connais pas- à François Hollande sa campagne de 2012 et son incapacité à expliquer son action depuis. Seul un spectaculaire et hypothétique retournement de conjoncture semble pouvoir sauver le couple exécutif qui par ailleurs semble, pour la première fois, vraiment ne plus regarder dans la même direction…

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