.Et maintenant l’affaire Leroux

Et on est aussi las, fatigués de devoir commenter cette actualité que vous de la subir. Devoir encore expliquer que non, tous les parlementaires, tous les attachés parlementaires, tous les élus ne sont pas comme ça ? Essayer de lutter contre le « tous pourris » devient proprement épuisant…et sans doute vain, d’ailleurs. Surtout quand on apprend que le ministre de l’Intérieur, lui-même, celui qui était chargé de faire respecter la loi, a fait travailler –quand il était parlementaire- (enfin « fait travailler », personne n’y croit bien sûr, comme pour Pénélope Fillon)… a augmenté plutôt sa propre rémunération en salariant ses enfants pendant plusieurs étés. Pourtant, il ne faut pas s’arrêter de répéter que la politique ça reste d’abord des milliers d’élus locaux (de droite, de gauche, la plupart du temps sans étiquette) proches du terrain, qui se battent pour garder les services publics au plus près de leurs concitoyens, pour organiser, au quotidien, la vie de la cité, ce sont des élus municipaux quasiment bénévoles qui ont, en plus de leur vrai travail, plusieurs journées par semaine de boulot pour la communauté. Et puis redire que parmi les dirigeants nationaux, il y a aussi les hommes d’Etat, sobres et rigoureux… qui font tourner la machine ! Le plus déroutant c’est qu’avant ces affaires, ET François Fillon ET Bruno Leroux avaient l’air d’en faire partie. Quand François Fillon inventait cette formule devenue culte « imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? », quand Bruno Leroux, commentant l’affaire Fillon, disait d’un air pénétré qu’il fallait interdire aux parlementaires de faire travailler leur conjoint, quand, plus tôt, Jérôme Cahuzac, chargé de lutter contre la fraude fiscale nous affirmait qu’ils seraient intraitables avec les tricheurs… ils avaient l’air de faire partie de ces hommes d’Etat.

Cette affaire va accroitre le risque de forte abstention qui menace la présidentielle.

Bien sûr…et il faut que les responsables du PS, du FN et de LR (les trois partis concernés par ces mauvaises pratiques) soient particulièrement vigilants sur les investitures pour les législatives de juin. Emmanuel Macron, avec son mouvement, a déjà établi une charte stricte, Jean-Luc Mélenchon a aussi dit –tous devraient en faire autant- qu’il faisait sienne les recommandations de l’association Anticorps. Des recommandations tout à fait applicables sans tomber dans on ne sait quelle prétendue dictature de la transparence… nous en sommes encore très loin ! Il ne faut plus tergiverser, le PS, LR et le FN doivent interdire à leurs parlementaires toutes possibilités d’emplois familiaux sans attendre une loi. C’est très simple… il suffit, en matière d’encadrement du lobbying et de transparence, de suivre intégralement les 11 recommandations tout à fait réalistes de Transparency International. Les parlementaires, sous l’impulsion réelle mais encore trop timide, des derniers présidents des deux Assemblées, ont fait progresser la transparence mais il y a encore beaucoup à faire. Lutter contre le sentiment du « tous pourris »…devient une tâche impossible. Les prochaines élections doivent être (tous partis confondus) l’occasion d’un profond renouvellement des parlementaires, avec l’arrivée d’une nouvelle génération et de nouvelles pratiques, sous peine de dégoûter de la politique, gravement, et pour longtemps, l’ensemble de la population.

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